La Voie lactée

Points de vue sur les femmes, la vie, les étoiles

18 août 2008

Elle l'a sentie passer

Imaginez-vous un peu... votre Humaine vous sert le petit déjeuner le matin à 6 heures et demie, et elle commence par vous aggresser... vous savez ce qu'elle s'est permis? Elle m'a dit sur un ton super insolent: "Comment peut-on manger du poisson si tôt le matin?" Comme je suis un chat correct et bien élevé, je n'ai rien dit, et puis, vous savez bien, faut pas contrarier les fous... ou plutôt les folles... mais elle l'a sentie passer... j'ai décidé de ne pas manger, rien que pour l'embêter, parce que je sais qu'elle ne peut pas supporter ça... quand je laisse des restes dans ma gamelle, et après les grosses mouches bleues et vertes viennent se poser dessus et pondent... bêêêêêêrkkkkkk!!!!!!!!!!!! Et si vous l'entendiez crier d'un air dégoûté... alors, j'ai voulu l'embêter... j'ai fait semblant de manger, et dès qu'elle a eu le dos tourné, je suis parti et je lui ai laissé son "POISSON"... et la pie est venue, et elle a tout liquidé... j'ai attendu un moment, et quand j'ai vu qu'elle était bien occupée, elle téléphonait avec une main et une oreille, et avec l'autre main, elle faisait griller la semoule pour faire de la tamina, puis elle a ouvert un pot de miel, bon, je vous évite les détails... quand on m'aggresse, je me défends, moi... non, pas avec bec et ongles... heuuuu ... pardon... dents et griffes... non, je suis civilisé, moi! Non, je suis bien fin, moi... alors,  donc, au moment où elle était le plus occupée, j'ai fait mon apparition et j'ai exigé qu'elle me donne encore à manger, comme si j'avais très faim... d'abord, elle m'a ignoré... puis elle m'a regardé et demandé d'attendre, mais je n'allais pas lui faire ce plaisir... Et j'ai continué à l'embêter, à insister... et au bout d'un moment, elle a tout laissé tomber et elle est sortie pour me donner à manger...

Et vous savez ce que j'ai fait, moi?
J'ai tout laissé dans la gamelle et je suis parti. Voilà, ça lui apprendra!

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16 août 2008

Dialogue avec 20.000 bâtons

Dites-moi si ça ne vous rend pas malades, quand vous lisez ça... non seulement, ça me rend malade, mais ça me fait mal, comme ça fait mal à Hakim Laâlam.
Et ça me rend enragée...
Et je me demande chaque fois si je pourrais être aussi courageuse que tous ces gens qui reçoivent des coups de matraques - de madrague - parce qu'ils se battent pour leurs leurs droits, pour leurs salaires, pour un minimum de dignité.
Nedjma
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DIALOGUE PAS SI IMAGINAIRE QUE CELA AVEC 20 000 BÂTONS !

Par Hakim Laâlam 

Saâdane à propos du niveau de l’équipe nationale de football : «Je ne suis pas un magicien !» Attention Rabah, avec ce genre de déclarations, ils vont te faire…

… disparaître !

Au moment où des mains expertes, des mains forcément de l’étranger, s’apprêtent à vous ranger sagement dans des boîtes avant de vous expédier chez nous, en Algérie, je voudrais vous dire certaines choses qui pourront vous aider à mieux vous… imprégner des réalités du pays. A l’origine, ceux qui vous ont dessinés et conçus vous ont aussi attribué une fonction : le rétablissement de l’ordre. Alors que ce soit clair tout de suite, d’emblée : oubliez cette fonction qui vous a été assignée à votre sortie d’usine. Ici, vous servirez à maintenir le désordre au pouvoir. Ainsi, vous n’aurez jamais, au grand jamais à vous abattre sur le cuir chevelu des corrompus, des voleurs et des fraudeurs. Non ! Vous sévirez contre des crânes d’enseignants, d’ouvriers, de chômeurs ou de simples quidams sortis dans la rue dire leur ras-le-bol de voir leurs noms disparaître des listes de logements sociaux. Bien sûr que pour vous, ça ne fait pas une grande différence, et vous pourrez toujours me rétorquer, du fond de votre boîte, elle-même rangée au fond de la cale du navire qui fend les flots en direction de l’Algérie, qu’un «crâne est un crâne» et que vous n’avez pas le choix des crânes sur lesquels vous atterrissez. Je vous le concède. Mais en même temps, pour la petite histoire, et pour votre CV de bâton, vous savez à présent qu’il vous arrivera très vite, peut-être même dès votre sortie du port, de tomber sur un sit-in d’enseignants, et auquel cas, vous pourrez toujours vous prévaloir dans votre carrière de Matrag bien droit d’avoir occasionné une grosse bosse sur le crâne d’un prof de math ou de dessin. Et ici, dans ce beau pays, votre CV s’enrichira très vite, beaucoup plus que nulle part ailleurs. Car ici, il vous arrivera de frapper dans la même journée les têtes d’un ancien héros de la guerre de Libération nationale condamné à mort par la France, d’un ancien ministre de l’Education, d’une ancienne députée, d’une ancienne sénatrice, d’écrivains renommés, de journalistes et de reporters photos dans l’exercice de leurs fonctions et même d’anciens cadres de la police et de l’armée à la retraite. Avouez que peu de bâtons dans le monde peuvent se prévaloir d’un tel «patrimoine répressif» ! Par moments, cette luxuriance frappeuse provoquera en vous un spleen, un début de dégoût et d’écœurement. Votre cuir montrera des signes de lassitude. Votre lanière trahira malgré elle des indices de relâchement coupable. Ça sera le moment pour le régime de vous remplacer par 20 000 nouvelles matraques neuves, et le moment pour vous de fumer du thé pour rester éveillées à ce cauchemar qui continue.

Posté par Nedjma à 19:20 - Ce qui me touche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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