16 août 2009
L'islam comme chez moi
C'est ma mère (83 ans) qui m'a conseillé de lire cet article. Et je le mets pour qu'il ne disparaisse pas dans les archives et pour que beaucoup de gens puissent le lire à n'importe quel moment. En le lisant, je me reconnais dans cet islam qu'il décrit, qui est plus une manière de vivre, comme on le vivait dans ma famille, sans contraintes, sans peur, sans obligation... il faisait partie de la vie de tous les jours, on n'avait même pas besoin d'en parler...
Cheikh Khaled Bentounès, chef de la Tarîqa Alawiya
« Lier un habit à la foi, c’est dangereux »
L’événement de cet été, pour votre confrérie, a été la célébration du centenaire de la tarîqa alawiya et le colloque qui l’accompagnait. Etes-vous satisfait, cheikh Bentounès, du déroulement des travaux de ce colloque ? Quel bilan pourriez-vous en esquisser ?
Satisfait, oui, je le suis. C’est un colloque qui a tout de même rassemblé 6500 personnes. C’est un chiffre sûr, on le sait, parce qu’il y avait des badges et des bracelets qui ont été confectionnés à l’intention des participants. On le sait également par le nombre de repas qu’on a servis. Donc, c’est quelque chose qui est avéré. On est arrivés exactement à 6562 participants venus de 38 pays. Ce qu’il y a lieu de retenir, c’est que ce colloque s’est déroulé dans le calme et la sérénité, dans un climat détendu. Les gens qui sont venus ont vu un Islam d’espérance, comme on le souhaitait. Le débat était ouvert, les échanges se sont faits à tous les niveaux, du plus subtil au plus banal. Il y a eu 35 ateliers autour de thèmes dont on ne pouvait même pas imaginer qu’une zaouïa pouvait les aborder. Des thèmes comme « La thérapie de l’âme », par exemple, qui a attiré énormément de monde, ou encore le thème « Management, éthique et tradition », c’est-à-dire comment une voie soufie peut mêler spiritualité et management.
Bien que de haute facture, ce colloque vous a valu quelques attaques malveillantes de la part aussi bien de certaines figures des milieux confrériques que de partis islamistes (El Islah en particulier), du Haut-Conseil islamique (HCI) et des ulémas. Ces critiques ont porté principalement sur deux points : vos déclarations sur le hidjab et les miniatures illustrant votre dernier ouvrage, Soufisme, l’héritage commun. Qu’aimeriez-vous répondre à vos détracteurs ?
J’aimerais leur dire d’abord que la moindre des choses aurait été de lire mon livre avant de l’accabler. Comme le dit l’adage, on ne peut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. C’est aussi l’arbre qui cache la forêt. Ce qu’on ne souhaite pas divulguer, surtout, c’est autre chose que les miniatures. Il y a des photos du patrimoine musulman qui font partie de cette mémoire de l’héritage islamique comme le tombeau de Sayida Khadidja, la mère des croyants, ou la maison du Prophète (Que Le Salut d’Allah soit sur Lui) dans laquelle il a vécu à La Mecque avec Sayida Khadidja, ou encore le lieu où fut conclu le premier serment des gens de Médine envers le Prophète, qui s’appelle Bayâte al Aqaba, ainsi que les tombes des martyrs des batailles de Badr et de Ouhoud qui ont été détruites. Au total, il y a dans cet ouvrage quelque 844 documents.
Par qui ce patrimoine a-t-il été détruit ?
Et pourquoi surtout... Nous assistons à une mainmise sur l’histoire de l’Islam effaçant la mémoire de tout ce qu’il y avait avant. Ces gens qui s’en sont pris à mon livre, ils l’ont condamné, c’est différent. Entre critiquer et condamner, il y a une différence. En s’appuyant sur quoi ? Sur des fetwas de quels oulémas ? Ce sont des oulémas qui préconisent la destruction du tombeau du Prophète lui-même et qui jusqu’à aujourd’hui disent : n’allez pas à Médine. Et on prend ces fetwas-là alors que nous avons nos propres oulémas, nos propres traditions. L’Islam maghrébin est un Islam d’ouverture et de dialogue.
Par exemple, sur cette Une d’El Khabar Hebdo, Mohamed Ben Brika de la tarîqa qadiriya vous prend à partie en disant « Khaled Bentounès a porté atteinte à la personne du Prophète »…
Mais il reconnaît aussi n’avoir pas lu le livre. Au demeurant, il ne représente que lui-même. Les gens sont beaucoup plus nuancés que cela. Et puis, il y a eu un amalgame qui a été fait par certains entre « miniatures » et « caricatures »… Le premier article paru présentait les choses comme cela. Mais les caricatures, c’est quelque chose qui a stigmatisé l’Islam… C’est humoristique, certes, mais c’est aussi une façon de se moquer d’autrui. Mais les miniatures, il suffit d’aller sur internet et de taper « miniatures musulmanes » pour voir surgir des milliers d’œuvres. Dans ce cas-là, il faudrait aussi faire un procès au musée de Topkapi d’Istanbul. A Kaboul, on a détruit des miniatures alors que l’école de Kaboul a été la première école de miniatures dans le monde musulman et que l’Islam a pénétré l’Asie grâce aux miniatures. Où va-t-on comme cela ? C’est l’Islam de ces gens-là qui est une caricature. Moi je ne leur réponds rien, je leur dis merci et je vais me préparer au bûcher parce que vous n’avez encore rien vu…
Vous auriez déclaré que le hidjab n’est pas une obligation religieuse. Pourriez-vous clarifier cette réflexion ?
Moi je suis contre le hidjab qui est dans la tête, pas sur la tête. Enlevez le hidjab, vous êtes en train de lier un habit à la foi, c’est dangereux. Parce que d’abord, le hidjab, chez nous, existait déjà. Il était de l’ordre de la culture locale. En Kabylie, il y avait une façon de le porter ; à Mostaganem, il y avait une autre façon de le mettre ; dans le Sud, c’est carrément l’homme qui le porte, c’est le taguemoust ou le litham. En Iran, c’est le tchador. A Oman, c’est le niqab. Et c’est la m’rama en Tunisie, la djellaba au Maroc, le boubou au Sénégal et en Afrique du Sahel, le sari chez la musulmane indienne. Ces gens-là croient que l’Islam est à leur niveau. Ce qu’ils voient autour d’eux, c’est ça l’Islam, un modèle unique. Qui, parmi les femmes du Prophète, a porté le hidjab que portent nos filles aujourd’hui ? Il faut savoir qu’il y a une historicité du hidjab, il y a un contexte de révélation. Avant tout, éduquez la femme parce que le meilleur des comportements et le meilleur des vêtements, c’est la pudeur, que ce soit pour l’homme ou pour la femme. Je ne vois pas pourquoi on autorise l’homme à porter ce qu’il veut et pas la femme. Il y a un conditionnement par la force. Au lieu de nous occuper des questions fondamentales dans un monde en proie à des crises financière, climatique, alimentaire, à une crise de sens, au lieu de se préparer aux défis de demain, au lieu d’être des sociétés de proposition, nous sommes constamment dans le déni, retranchés derrière des arguments étriqués en jetant la pierre à l’Occident. Jusqu’à quand ? Ce langage ne tient pas la route. Et moi, si je dérange, eh bien, je dérange ! Tant pis ! Mais je continuerai à tenir ce discours, quoique j’aie assez payé pour cela. Mon père est allé en prison à cause de cela.
Pensez-vous que le wahhabisme va continuer à faire des dégâts au sein de notre société ? Comment les zaouïas pourraient-elles contribuer à contrer cette mouvance ?
C’est le travail de toute la société, ce n’est pas l’affaire exclusive des zaouïas. Il faut que notre société prenne conscience de ces enjeux et qu’elle apprenne à être responsable. Les Algériens, moi, je ne les prends pas pour des débiles, des imbéciles ou des mineurs. L’âme algérienne est une âme rebelle. C’est une âme mystique. L’Algérien vous donne tout. Je connais mon peuple, oui, il est perfide, mais c’est parce qu’on a toujours joué avec lui, on n’a jamais été sincère avec lui. Mais quand on est sincère, le peuple vous donne tout ce qu’il possède.
Votre engagement résolu en faveur d’un Islam d’ouverture, conciliant tradition et modernité, vous vaut, nous le disions, de franches inimitiés de la part des milieux conservateurs. Concrètement, comment entendez-vous avoir raison de ces « résistances » ?
Nous sommes obligés de faire un constat : si nous maintenons cette situation où chacun baisse les bras, où chacun se laisse faire, où l’élite intellectuelle, politique, économique de ce pays fait dans le « chacun pour soi », on ne s’en sortira pas. Si ce congrès international (de la tarîqa alawiya) a réussi, c’est parce qu’il était mené avec méthodologie et un travail de fond. C’est parce que nous avions une vision. Accueillir 6500 personnes n’était pas une mince affaire, mais on l’a fait à travers une organisation judicieuse, inspirée de nos traditions. Le Prophète lui-même s’était illustré par sa gestion du temps. Qui se préoccupe aujourd’hui de la gestion du temps dans le monde musulman ? L’islam, c’est la religion de la logique et du bon sens. C’est avant tout une affaire de akhlaq (morale). « J’ai été envoyé pour anoblir les caractères », disait le Prophète. Cela veut dire que, avant moi, il n’y avait pas le vide et qu’il s’agit simplement de parfaire les choses. Le Prophète n’a jamais prétendu faire table rase de la société qoraïchite ni de la société arabe qu’il avait trouvées. Il s’habillait comme les Arabes de son époque, il mangeait comme les Arabes de son époque, il avait même les coutumes et les mœurs de son époque. Mais de ces Arabes est sorti un message extraordinaire qui, en 70 ans, est arrivé jusqu’en Europe. Jusqu’à Poitiers, en France. Et de l’autre côté, jusqu’aux océans Indien et Pacifique. Il n’y avait pas les moyens actuels. Comment neuf personnes ont-elles répandu l’Islam en Indonésie ? C’était des saints soufis. Aujourd’hui, c’est le plus grand Etat musulman du monde avec 225 millions d’âmes. Jamais aucun Sahabi (compagnon du Prophète) n’est allé en Indonésie. Ils sont venus avec la tarîqa qadiriya et,surtout, avec l’amour du prochain. Ils ont simplement dialogué avec les gens jusqu’à les convaincre. De voir dans la grande mosquée de Djakarta qui est la plus grande mosquée du monde avec 10 hectares, qui accueille 125 000 priants et priantes, de voir donc l’imam au milieu, à droite les hommes, à gauche les femmes, sur la même ligne, permettez-moi de vous dire que ça impressionne. On voit que les Indonésiens et les Asiatiques ont compris et que les pays arabes n’ont toujours pas compris et qu’ils parlent encore de ceci et de cela… L’islam a donné des multitudes de Rabia Al Adawiya, des femmes avec une spiritualité extraordinaire. Un jour, on a vu Rabia Al Adawiya courant dans le désert avec un fagot sous le bras et un sceau sur le dos. On lui a dit : « Mais où est-ce que tu vas avec ça ? » Elle a dit : « Je vais avec ce fagot de bois brûler le Paradis, et avec ce sceau d’eau éteindre l’enfer, ceci afin que plus personne n’adore Dieu par crainte ni par désir du Paradis, mais uniquement par amour de Dieu. » Moi je conseille au ministre des Affaires religieuses de rajouter au passeport un petit calepin de pointage pour consigner qui va à la mosquée le vendredi, comme ça au moins, on aurait un petit bonus. Je demanderais pareillement à nos frères saoudiens de consigner combien de fois ils ont fait le hadj et la omra. C’est un investissement, le pèlerinage coûte cher. Au moins, quand on nous enterre, on nous met ça dans la tombe pour le âdab el qabr (le supplice du sépulcre). Quand les anges viendront, on leur montrera le passeport comme quoi j’ai 1200 djoumouâ dans mon pedigree, j’ai tant de hadj... Je sais que pour ce que je dis là, ils vont me dresser un bûcher comme au temps de l’Inquisition (rires)…
Qu’est-ce que c’est qu’être soufi aujourd’hui, en définitive, cheikh Bentounès, au XXIe siècle ?
Moi je pense qu’être soufi au XXIe siècle, c’est être véritablement citoyen du monde. C’est ne se référer ni à la nationalité, ni à la race, ni même à la religion. C’est prêcher cette fraternité adamique. Quand vous prenez un chapelet, le chapelet est fait de grains. Nous ne faisons jamais attention au fait que ces graines sont reliées entre elles par un fil et ce fil, on ne le voit pas. Le soufi, aujourd’hui, doit être le fil de notre société qui unit les différentes gens. Et cela nécessite un travail sur soi. D’abord, mêle-toi de tes affaires au lieu de te mêler des affaires des autres. Et aussi introduire la sacralité dans notre vie. Et la miséricorde car le chemin mohamadien est un chemin de miséricorde.
Que diriez-vous du rapport entre soufisme et politique et de la place du soufi dans la cité, des questions relatives au pouvoir…Le soufi doit-il se mêler de politique ?
La politique fait partie de la société humaine. Le soufi ne doit pas pratiquer la politique politicienne, qui est la politique du mensonge. Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas de lien politique entre nous. Ce sont d’autres liens qui nous unissent, des liens de fraternité. Que vous soyez de ce parti ou de cet autre parti, cela ne regarde que vous.
Vous confirmez que la alawiya est apolitique...
Elle doit l’être. Les zaouïas doivent se conformer à ce principe. Cela n’empêche pas que les soufis sont des citoyens ; ils doivent jouer leur rôle en votant, en décidant, mais pas au nom d’une tarîqa. Même moi, je n’ai pas le droit d’engager la tarîqa. Pourquoi ? Parce que les partis changent. Même le parti communiste qui a occupé la moitié de la Terre a disparu. L’Union soviétique, où est-ce qu’elle est aujourd’hui ? Mais la voie de Dieu, elle, reste. Elle restera éternellement. Les zaouïas sont des espaces de dialogue, des espaces qui doivent être là pour la moussalaha (conciliation). Chacun a le droit d’aller dans une zaouïa, même un athée. C’est chez lui. La zaouïa, c’est la maison de Dieu pour toutes les créatures de Dieu. On ne peut pas dire à quelqu’un qui vient dans une zaouïa « tu n’es pas de mon parti » ou bien « tu n’es pas de ma tarîqa » ou « tu n’es pas de ma religion »... C’est inadmissible !
D’où le titre de votre livre, La Fraternité en héritage…
Eh bien, c’est tout ce que m’a laissé mon père ! Il est mort à 47 ans dans l’humiliation. On l’a mis sous terre dans un cachot de deux mètres carrés, on a confisqué tous les biens de la zaouïa, on a brûlé des centaines de livres, mais al hamdou lillah, cela nous a rendus encore plus forts par le fait même que cela nous a rendus plus proches de ceux qui souffrent. Moi je ne veux régler mes comptes avec personne. Tout ce que je dénonce, c’est la bêtise d’où qu’elle vienne, des juifs, des chrétiens, des Américains, des Chinois, qu’elle vienne de mes propres frères… La bêtise humaine, y’en a marre ! Arrêtons de jouer à ce jeu malsain des intérêts en opposant les uns aux autres par le religieux, par l’affectif, et en surfant sur la sensibilité des gens avec l’émotionnel. Arrêtons cette religiosité théâtrale. Moi je suis pour une éducation d’éveil et de responsabilité. Que ce soit en Occident ou ailleurs, c’est la pensée soufie qui triomphe parce qu’elle est avant-gardiste, qu’on le veuille ou pas. Parce qu’elle prêche la tolérance, parce qu’elle ne porte pas de jugement sur les autres. Elle accepte les gens tels qu’ils sont. La première chose qu’elle nous apprend, c’est d’accepter l’autre tel qu’il est. Parce qu’elle est une créature de Dieu et que Dieu a anobli les fils d’Adam : « Wa lakad karamna bani Adam. » (Et nous avons anobli les enfants d’Adam). Ce n’est pas par la contrainte qu’on convertit les gens, « la ikraha fi dine ». Point de contrainte en religion. Imposer une religion, c’est complètement débile. Ou alors il faut enlever tous ces versets coraniques. On nous parle de l’Etat islamique et on nous dit : « Le Coran c’est le doustour. » (Le Coran est la Constitution). Quel doustour ! La constitution change et évolue par rapport à la société. Comment faire du Coran une Constitution ? C’est quoi cette fable ? Pour anesthésier les gens avec Le Livre de Dieu ? Le Coran est une lumière. Il ne peut pas être le doustour de qui que ce soit. Il n’est l’apanage de personne, ni d’un prince, ni d’un roi, ni d’un président, ni d’un clan, ni d’une école. C’est Le Livre de Dieu.
Que pensez-vous du courant dit « coraniste » qui renie la charia et dont le frère de Hassan El Banna est l’une des figures de proue en Egypte ?
Nous, Ahl al Sunna wal Jamaâ, nous avons un patrimoine inestimable. Moi, quand je lis la charia, je l’interprète comme une voie extraordinaire d’ouverture. Hélas, à partir d’une certaine époque, il y a eu un rétrécissement des esprits dans le monde musulman. Savez-vous qu’il y avait 52 écoles de pensée et de fiqh à Baghdad ? Il n’en reste plus que quatre et bientôt, même ces quatre, elles vont disparaître et il ne restera plus que la doctrine wahhabite. On aura ainsi atteint le sommet de l’abrutissement généralisé. Aujourd’hui, ces gens nient la philosophie alors que la philosophie grecque est passée en Occident grâce aux musulmans. Mais n’oubliez pas que c’est l’Inquisition qui a amené la Renaissance...
| Dates |
|---|
1949 : Naissance de Khaled Adlen Bentounès à Mostaganem.
1962, le 5 juillet : Le jeune Khaled Bentounès est désigné pour hisser le drapeau national le jour de l’indépendance dans sa ville natale. Le jeune garçon reçoit d’abord un enseignement traditionnel dans la zaouïa familiale avant de partir en Europe étudier l’histoire et le droit.
1971 : Son père, El Hadj El Mahdi Bentounès, est assigné à résidence à Jijel après avoir été emprisonné.
1975, le 24 avril : Décès de son père à l’âge de 47 ans. Khaled Bentounès vivait alors en Europe où il était dans le prêt-à-porter. Il délaisse son affaire et devient le 4e guide de la confrérie alawiya après le cheikh Ahmed Benalioua, fondateur de la tarîqa (1869-1934), le cheikh Adda Bentounès, son grand-père (1898-1952), et son père El Mahdi Bentounès (1928-1975).
1989 : Le cheikh Bentounès est reçu au Vatican par le pape Jean-Paul II.
1991 : Il crée l’association des Scouts musulmans de France.
1999 : Il crée l’association Terres d’Europe qui va organiser avec l’Unesco un colloque sur le thème « Pour un Islam de paix ».
2001 : Khaled Bentounès lance un cycle intitulé « Thérapie de l’âme ».
2003 : Il est membre fondateur du Conseil français du culte musulman. Il crée à Mostaganem la fondation Janatu El Arif - Centre méditerranéen pour le développement durable. Parmi ses nombreux ouvrages : Soufisme cœur de l’Islam (La table Ronde, 1996), L’homme intérieur à la lumière du Coran (Albin Michel, 1998). Vient de paraître : La Fraternité en héritage (Albin Michel, 2009) et Soufisme, l’héritage commun (ed. Zaki Bouzid, 2009).
El Watan, 12.08.2009
Il n'y a pas que des machos en Algérie...
La preuve!
| Les déesses du stade ! | |
| Par Hakim Laâlam | |
Les scientifiques sont formels. Le 22, ça sera Ramadan. J’en ...le 21 ou le 23 ! Il faut absolument lui rendre hommage. D’ailleurs, pourquoi utiliser le singulier ? Ils étaient peut-être plusieurs à l’origine de cette idée. Enfin, qu’importe ! Un ou plusieurs. Femmes ou hommes ou les deux à la fois, bravo ! Bravo pour avoir permis que des familles, des femmes, des couples, des enfants se retrouvent dans le temple rénové du 5-Juillet pour y suivre la rencontre amicale de football Algérie-Uruguay. Bien sûr, des amis grincheux, des éternels accrocs à la théorie du complot permanent ont voulu attirer mon attention et m’avertir : «Fais gaffe Hakim, c’est une opération commandée, montée et pas du tout spontanée.» Figurez-vous que je me suis entendu répondre... spontanément à mes grincheux amis : «J’m’en fous un peu que cela ait été organisé !» Opération montée ou pas, j’en ai eu des frissons. De joie émue. De régal pour les yeux et pour le cœur. Ah ! Diable ! Que ça faisait plaisir de les voir ces filles, belles à damner, ces garçons beaux à espérer, ces familles joyeuses à en pleurer d’émotion. Bonté divine, quelle victoire ! Pas celle des footballeurs, laquelle fut certes belle aussi, laborieuse et belle, mais celle de ces enfants et familles d’Algérie, sexes confondus ayant envahi les tribunes du stade. De ces victoires qui n’ont pas de prix. Peut-être ne mesurons-nous pas encore pleinement ce que cela signifie. Au-delà des suspicions de «montage», des filles, des femmes étaient au stade, ce stade construit dans un pays où un temps, le projet était de cloîtrer les filles et les femmes dans leurs cuisines et dans leurs lits. Ce stade d’où des apprentis sorciers ont fait joujou avec des lasers, avant de passer à un jeu grandeur nature, grandeur mortelle, celui du massacre collectif. Je sais que dans les maquis, dans certaines mosquées, au milieu de certaines halaqates, les images de ces «filles du stade» ont fait mal, très mal. Comme ce tisonnier qui brûle et perfore au plus profond. Je sais que dans leurs pensées obscures, dans l’entrelacs de leurs barbes lianes, au coin du feu de leur prochain raid ou faux barrage, le film de ces «familles du stade» leur a fait avaler de travers la gorgée de musc et prononcé d’encore plus de travers le dernier message du candidat à l’attentat kamikaze. Les femmes, les garçons et les familles du stade étaient beaux, sacrément beaux. De cette beauté ravageuse qui, le lendemain, fige sur les visages des barbus un rictus de haine et de défaite amère. Rien que pour ça, merci aux déesses du stade et à ceux et celles qui leur ont ouvert les portes de cet Olympe. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. Le Soir d'Algérie, 16.08.2009 | |
16 novembre 2008
Ils ne sont pas tous aplatis
Hier, je parlais de Kahlida Messaoudi... heuuuu pardon... Khalida Toumi aplatie à plat ventre, Hakim Laâlam écrit dans sa chronique aujourd'hui qu'il y a encore des personnes courageuses dans le monde de la politique algérienne... Ca met du baume sur le coeur....
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Pousse avec eux!
| MOUDJAHIDINE ! | |
| Par Hakim Laâlam | |
Après le mandat à vie, bientôt un nouvel amendement à la Constitution déjà amendée mercredi dernier. Il introduira un article portant sur l’obligation du… …Baisemain ! 21. Ecrivez-le comme vous voulez. Parvenez à ce chiffre comme il vous chante. Vingt plus un. Vingtdeux moins un. Dix plus onze. Qu’importe ! L’essentiel étant d’arriver à ce nombre : 21. Jusque-là, ce chiffre de 21 ne vous disait peut-être rien de particulier, ne vous faisait pas «percuter» pour reprendre une expression à la mode en ce moment. Désormais, ce 21 va vous parler, doit vous parler. A l’heure où dire NON à un ami qui vous propose de prendre un café peut vous mener devant le peloton d’exécution pour tentative de coup d’Etat, à l’heure où dire NON à un rab de purée à midi peut vous placer sous les foudres foudroyantes de la famille révolutionnaire, à l’heure où dire NON à une sortie entre amis peut vous faire traduire en justice pour atteinte à un symbole sacré, à cette heure où le fait de bouger sa tête autrement que de bas en haut et de haut en bas peut vous la faire couper, à cette heure où le recours au mouvement horizontal de vos vertèbres cervicales peut vous faire lapider sur la place publique, à cette heure-là, 21 députés, 21 m’zelfin, 21 m’zvingyin, 21 pris de la tête, 21 moudjahidine de la cause démocratique ont osé dire NON ! Même si ces 21 ont vu leurs bras propres masqués par une forêt de bras voraces, de «bras à dents», de «bras à canines», de «bras Dracula», il reste ces 21. La preuve par 21 qu’une femme, qu’un homme peuvent se lever dans la masse hideuse des rampants et dire NON ! Non, je veux rester debout. Je ne ramperais pas. Je ne me coucherais pas. Je ne cirerais pas les pompes et le reste. Je ne louerais pas ma dignité en viagère. Je n’abdiquerais pas devant la dictature annoncée. En soi, c’est une réponse formidablement cinglante à ceux qui vous rétorquent, entre deux OUI expédiés, «mais si ce n’est pas lui, qui alors ?» Y a ! Y a qui, monsieur. Kayen Enn’ssa ou kayen Err’djel ! Basta de cette «pénurie» de dirigeants dans laquelle on veut nous enfermer. NON ! Mille fois non ! Ce pays a ses enfants. Ce pays n’a pas enfanté que des couleuvres qui se terrent peureusement sous les pupitres de la honte. Ce pays a ses lions. Ils étaient 21 mercredi dernier à pousser leur cri, à rugir. Quoi que puissent en dire les couleuvres, ces lions-là, F’houla ! Je fume du thé et je rester éveillé, le cauchemar continue. | |
Le Soir d'Algérie
16 août 2008
Dialogue avec 20.000 bâtons
Dites-moi si ça ne vous rend pas malades, quand vous lisez ça... non seulement, ça me rend malade, mais ça me fait mal, comme ça fait mal à Hakim Laâlam. | |
| Par Hakim Laâlam | |
Saâdane à propos du niveau de l’équipe nationale de football : «Je ne suis pas un magicien !» Attention Rabah, avec ce genre de déclarations, ils vont te faire… … disparaître ! Au moment où des mains expertes, des mains forcément de l’étranger, s’apprêtent à vous ranger sagement dans des boîtes avant de vous expédier chez nous, en Algérie, je voudrais vous dire certaines choses qui pourront vous aider à mieux vous… imprégner des réalités du pays. A l’origine, ceux qui vous ont dessinés et conçus vous ont aussi attribué une fonction : le rétablissement de l’ordre. Alors que ce soit clair tout de suite, d’emblée : oubliez cette fonction qui vous a été assignée à votre sortie d’usine. Ici, vous servirez à maintenir le désordre au pouvoir. Ainsi, vous n’aurez jamais, au grand jamais à vous abattre sur le cuir chevelu des corrompus, des voleurs et des fraudeurs. Non ! Vous sévirez contre des crânes d’enseignants, d’ouvriers, de chômeurs ou de simples quidams sortis dans la rue dire leur ras-le-bol de voir leurs noms disparaître des listes de logements sociaux. Bien sûr que pour vous, ça ne fait pas une grande différence, et vous pourrez toujours me rétorquer, du fond de votre boîte, elle-même rangée au fond de la cale du navire qui fend les flots en direction de l’Algérie, qu’un «crâne est un crâne» et que vous n’avez pas le choix des crânes sur lesquels vous atterrissez. Je vous le concède. Mais en même temps, pour la petite histoire, et pour votre CV de bâton, vous savez à présent qu’il vous arrivera très vite, peut-être même dès votre sortie du port, de tomber sur un sit-in d’enseignants, et auquel cas, vous pourrez toujours vous prévaloir dans votre carrière de Matrag bien droit d’avoir occasionné une grosse bosse sur le crâne d’un prof de math ou de dessin. Et ici, dans ce beau pays, votre CV s’enrichira très vite, beaucoup plus que nulle part ailleurs. Car ici, il vous arrivera de frapper dans la même journée les têtes d’un ancien héros de la guerre de Libération nationale condamné à mort par la France, d’un ancien ministre de l’Education, d’une ancienne députée, d’une ancienne sénatrice, d’écrivains renommés, de journalistes et de reporters photos dans l’exercice de leurs fonctions et même d’anciens cadres de la police et de l’armée à la retraite. Avouez que peu de bâtons dans le monde peuvent se prévaloir d’un tel «patrimoine répressif» ! Par moments, cette luxuriance frappeuse provoquera en vous un spleen, un début de dégoût et d’écœurement. Votre cuir montrera des signes de lassitude. Votre lanière trahira malgré elle des indices de relâchement coupable. Ça sera le moment pour le régime de vous remplacer par 20 000 nouvelles matraques neuves, et le moment pour vous de fumer du thé pour rester éveillées à ce cauchemar qui continue. | |
28 juillet 2008
Poème prémonitoire? De Kateb Yacine
Voilà, mes Ami(e)s, je vous mets un poème de Kateb Yacine... d'après moi, c'est un poème prémonitoire. Quand il l'a écrit, il était encore tout jeune, il avait 15 ans, en 1946, et il venait d'être renvoyé du lycée de Sétif à la suite des manifestations du 8 Mai 1945.
Il y a plusieurs interprétations de ce poème, c'est normal, mais moi, je dis que c'est un poème prémonitoire.
Comme je ne suis pas tellement "poésie", je ne m'étais jamais occupée de cette partie de l'oeuvre de Kateb Yacine. Mais quand j'ai lu pour la première fois, j'ai failli ... comment vous décrire mon état... disons que j'ai failli étouffer... de rage... de tristesse...
Il a été cité en octobre 1988 après la mort de Kateb Yacine. A l'époque, j'enseignais encore la littérature maghrébine de langue francaise à l'université de Sétif, et vous ne pouvez pas vous imaginer - ou bien si... vous pouvez imaginer - l'atmosphère qui régnait en Algérie et à Sétif... j'avais un mal fou avec certains étudiants - les bons musulmans - je devais me défendre, me justifier pendant mes cours... tout simplement, parce que j'avais des auteurs "athées" au programme, dont Albert Camus et Kateb Yacine.
Je vous épargne les détails... toujours est-il que ces bons étudiants insultaient Kateb Yacine parce qu'à leurs yeux, il n'était pas musulman... allez savoir comment ils le savaient... selon quels critères ils le jugeaient...
Toujours est-il (2), quand on a appris la nouvelle de sa mort, beaucoup étaient choqués, tristes, c'était une immense perte... mais beaucoup de bons musulmans ont dit que c'était un bon débarras... oui... oui... et qu'il ne méritait pas d'être enterré selon le rite musulman...
Mais le jour de son enterrement, ayayay ayayay... il y avait pas mal d'individus dont Kateb Yacine se serait bien passé...
Le Coran lui aurait suffit... mais comme dans son poème, ses ennemis étaient là...
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Je te l'ai déjà dit
Mon unique folie:
Je rêve tout éveillé
de ce paradis perdu
D'une damnation de Milton
- Mais qui prouve la mort
Des trépassés?
Pour moi, je suis mort
D'une mort terrible:
Mon âme faisait des vers
Quand d'autres vers
Me rongèrent jusqu'aux os.
Mon char était suivi
De tous mes ennemis,
Et le prêtre, pour une fois
Intelligent,
Sifflotait une de mes
Rengaines préférées...
Mon père jouait à la belote
Et cracha son mégot
Quand mon cercueil passa.
Seule ma mère
Démolissait une poitrine
Qui avait sa fierté...
Et puis ma petite soeur
N'avait plus personne
Pour lui montrer ses problèmes.
Mon chat regrettait mes os,
Qu'il trouvait appétissants...
Le Coran seul
M'accompagna jusqu'au cimetière.
25 juillet 2008
Quand la vérité blesse...
Ben oui, mes Ami(e)s, je ne m'y attendais pas, à celle-là... imaginez un peu, une dame inconnue veut prier pour le salut de mon âme... heuuuu pardon, pour que Dieu m'accorde la foi... Vous croyez qu'elle fait ca parce qu'elle est gentille... parce qu'elle m'aime bien... parce qu'elle me trouve sympa...?????
Des questions et des questions... mais la réponse est toute trouvée... elle est peut-être gentille... avec ses ami(e)s, ses collègues, et les membres de sa famille... non, elle ne m'aime pas, vu que nous ne ne nous connaissons pas... non, elle ne me trouve pas sympa... mais je ne lui en demande pas tant... nooooooon!!!! noooooon!!!!
Elle prie pour moi parce que j'ai osé critiqué le projet de construction d'une mosquée à Alger...
Ce qu'elle n'a pas compris, c'est que je n'ai pas critiqué la mosquée en tant que lieu de culte, mais en tant que lieu de culte qui doit servir à encenser UNE personne, un simple mortel, qui se sert de la religion et de Dieu pour légitimer son existence et son poste et pour se faire encenser... Mais c'est trop demander aux "bonnes musulmanes" et aux "bons musulmans". Ils lèvent tout de suite la main et te disent "TOUCHE PAS À MON ISLAM... TOUCHE PAS À MON DIEU... TOUCHE PAS À MA MOSQUÉE"...
Ces bonnes musulmanes et ces bons musulmans - je ne mets pas de guillemets pour les nommer, mais nous nous comprenons quand même -, ne voient plus le soleil derrière le tamis dès qu'on parle d'Islam... sujet tabou... ehhhh oui, mes Ami(e)s... si on a le malheur de dire quelque chose qui ne leur convient pas, on est automatiquement un(e) incroyant(e)...
A partir de là, tout est permis à ceux qui utilisent la religion pour garder leur koursi*... et les bons et bonnes croyant(e)s les protègent et les cautionnent...
Et imaginez un peu... l'Occident, qu'on critique pour sa décadence, tout d'un coup devient un exemple à suivre, et on vous cite l'exemple des belles cathédrales catholiques d'Europe qui ont été construites dans les siècles passés alors que le peuple crevait de faim...
Mais vous vous rendez compte de cette aberration? On légitime la construction de la mosquée monumentale de Boutef, qui va coûter des sommes faramineuses, sans penser à tous les jeunes sans formation, sans métier, sans travail, qui ne peuvent pas s'épanouir sexuellement en se mariant comme tous les gens normaux parce qu'ils n'ont pas de logement, mais tout cela n'est pas grave... après tout, les Européens, les rois, les empereurs, les tyrans, ne se sont pas privés au Moyen Âge... ils ont construits des églises et des cathédrales à la gloire de Dieu... heuuuu... à la gloire de Dieu? Ou à leur propre gloire... Et puis, vous vous souvenez de ce qu'on a appris en cours d'histoire? Ils étaient rois, empereurs, princes... par la volonté de Dieu...
Mais au fait, je pensais que l'Algérie est une république démocratique et populaire...
Et qu'ai-je dit? Moyen Âge? Nous sommes bien au 21ème siècle, non?
Mais après tout, les bons musulmans rêvent du Moyen Âge...
21 juillet 2008
La mosquée de Boutef
Ca fait des mois que ça me turlupine. Depuis qu j'ai lu la nouvelle: Boutef - c'est-à-dire Bouteflika, le président de l'Algérie, mon pays d'origine - a décidé de s'offrir une mosquée... une grande mosquée... une belle mosquée... une mosquée monumentale... Je n'arrête pas d'y penser... Il ne veut pas construire une université... pas un institut scientifique de recherches... pas un grand monstre où on trouve de la culture... pas une bibliothèque... même pas une pyramide... vous savez... de quoi je parle... vous savez, non... Une mosquée prestige... une mosquée m'as-tu-vu... une mosquée opportuniste... plus grande et plus monumentale que celle de Hassan II...
La belle affaire! L'Algérie doit être mieux que le Maroc... ben oui... foskifo... et pour ça, il faut une mosquée... et cette mosquée sera construite par l'Allemagne... ironie du sort... mon pays d'accueil, celui où j'ai choisi de vivre... ben oui... pourquoi pas?
Tant que la mosquée ne doit pas être construite ici en Allemagne, terre chrétienne... on est fiers d'avoir eu le marché... tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes...
Et personne ne pourra accuser Boutef de n'avoir rien fait pour son pays, et surtout de ne pas être un bon musulman...
Vous savez à quoi ça me fait penser? Faudra que j erelise le livre de Rachid Mimouni "TOMBÉZA"... il était aussi question d'une mosquée... je ne me souviens pas exactement... faut que je le relise...
Alors, je vous laisse avec Dilem, mon caricaturiste préféré et Hakim Laâlam, mon fumeur de thé préféré... Je reviendrai vous parler de TOMBÉZA

Ali DILEM - Liberté 19 Juillet 2008
HALTE AU GASPILLAGE! | |
Par Hakim Laâlam | |
En 2007, les Marocains ont fumé près de 2 milliards de cigarettes bourrées au hachich. Y a plus qu’à espérer un… …p’tit vent d’ouest Ouyahia, chef du gouvernement sans accoutrement soudanais, en tenue de travail légalement admise pour ce poste-là (costume cravate), a décidé d’entrer en guerre ouverte contre le gaspillage de l’argent public et les dépenses injustifiées. Eh bien, je veux faire œuvre citoyenne aujourd’hui en lui désignant, à visage découvert, sans ch’kara, une cible toute indiquée, un truc qui ressemble de près comme de loin à un gaspillage éhonté et à une dépense de prestige. Car la lutte contre le gaspillage doit être l’œuvre de chacun de nous. Nous sommes tous interpellés par ce vaste et exaltant chantier. Alors retroussons les manches ! Monsieur le chef du gouvernement, les miennes sont retroussées et je m’en vais donc vous livrer sur un plateau d’argent (acheté avec mon pécule) cette cible hideuse, symbole du gaspillage à large échelle : il s’agit d’un édifice. Un édifice en devenir. Il devrait être construit dans la proche banlieue d’Alger. La très proche banlieue. Le coût de cette construction s’élève à 100 milliards de dinars. Eh oui, M’sieur le chef du gouvernement ! 100 milliards pour un bâtiment. Je vous sais très à cheval sur les études d’utilité publique avant tout lancement d’un projet. Et si je vous disais qu’il n’y en a pas eu vraiment ? Ben voilà, je viens de vous le dire. On n’a jamais réellement consulté les citoyens sur l’utilité d’un ouvrage de cette envergure à cet endroit-là. Plus grave, M’sieur le chef du gouvernement ! Ce projet-là est sorti de la tête d’un seul homme. Un homme comme vous et moi. Avec deux jambes. Deux bras. Une tête. Un cœu… heu... des yeux et une bouche. Et de cette tête-là, de cette bouche-là est sorti l’ordre de faire construire cet édifice pharaonique. C’est-il pas scandaleux, M’sieur le chef du gouvernement ? D’autant plus scandaleux que ce bâtiment là ne devrait pas être utilisé à plus de 15% de ses capacités et ne devrait pas être ouvert au grand public, sauf à de rares occasions. C’est-il pas encore plus scandaleux ? 100 milliards pour un immeuble pratiquement toujours fermé. Et cela juste pour faire plaisir à une personne ! Vous voyez bien, Monsieur le chef du gouvernement ! Je n’exagérais pas lorsque je vous promettais de vous livrer une cible rêvée dans votre lutte acharnée contre le gaspillage. J’ai fait mon boulot de citoyen. A vous de faire le vôtre, celui d’ennemi déclaré et juré des dépenses publiques injustifiées. Et maintenant que j’ai accompli mon devoir, je peux revenir à mon occupation favorite, laquelle ne coûte pas un centime à la collectivité : fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue. Le Soir d'Algérie, 21 Juillet 2008 | |
14 mai 2008
De quoi je me mêle!
Oui, c'est ce que vous allez me dire! "De quoi tu te mêles, Nedjma?" Mais je ne peux pas m'empêcher de m'énerver... bien que je sache parfaitement que ca ne changera rien à la situation.
Mais imaginez un peu.
Je vous ai déjà parlé de mes enfants du jardin d'enfants... ils sont adorables! Je les aime et ils me le rendent bien... une maman m'a dit: "Vous savez, vous faites partie de la famille... Katharina parle sans arrêt de vous..."
Mais là, j'ai un problème avec une petite fille, ca me fend le coeur et ca me rend enragée!
En plein hiver, je l'avais déjà remarqué, elle avait tout le temps le dos et le ventre nus... j'ai souvent essayé de tirer ses sous-vêtements pour la couvrir, mais rien à faire... tous les autres enfants étaient bien couverts, habillés chaudement.
Et voilà que maintenant, elle porte juste un t-shirt et un jean qui lui arrive à la moitié du derrière.
Je lui ai fait la remarque la semaine dernière, je lui ai dit de demander à sa maman de lui acheter de nouveaux vêtements parce que ceux qu'elle porte sont trop petits, et elle m'a répondu que sa maman n'avait pas d'argent.
Et ca m'éneeeeerve!!!! Ca m'éneeeeerve! La maman est habillée comme un mannequin, elle est super bien coiffée, elle recoit de l'argent de l'état, elle fume, elle achète des pizzas à la pizzeria... et je la vois souvent assise sur les marches devant la pizzeria (mal famée) en compagnie de drôles de cocos, en train de fumer...
Aujourd'hui, j'ai piqué ma crise quand une des petites filles lui a fait la remarque: "Mais on voit ton derrière!" et l'autre qui répond "Ma maman n'a pas d'argent pour m'acheter de nouveaux vêtements". Oh lààààà!!!!!!!!! J'ai piqué ma crise! Je lui ai dit: "Ta maman a de l'argent pour acheter des cigarettes, elle a de l'argent pour acheter des vêtements et des pizzas, et elle n'a pas d'argent pour t'acheter des vêtements à toi???"
Je crois que je vais envoyer une lettre à la mère... je ne peux plus supporter ca... le plus beau, c'est qu'elle ne veut plus me parler! Quand elle me voit, elle détourne la tête... Mais il faut dire que je la regarde d'un air tellement méchant qu'elle doit avoir peur de moi.
Non mais vous imaginez, cette petite de 5 ans et 1/2 avec le derrière à l'air? Elle peut être la proie de n'importe quel pervers! Ca me fait mal au coeur!
Et ne me dites pas que je me mêle de ce qui ne me regarde pas!!!!!!
24 mars 2008
Appel pour la tolérance et le respect des libertés
Voilà la 2ème partie de la pétition.
J'ai signé, moi aussi, ainsi que mon mari.
J'espère que beaucoup d'autres la signeront. Il ne faut pas permettre qu'on piétine la liberté, ni la liberté d'expression. Heureusement qu'il y a encore des femmes et des hommes en Algérie et dans le monde qui ne se laissent pas faire.
Nedjma
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Abdelkrim Amar (rédacteur en chef), Agawa Aksil (journaliste, formateur), Aït Aïder Aomar (universitaire, écrivain), Aït Mohamed Madjid (cadre retraité), Aït Saïdi Ahcène (journaliste, écrivain), Akkar Nadia (conseiller communautaire), Amarouche Nassima (biologiste), Ambes Ali (enseignant), Amir Nabila (journaliste), Amirouche Nacer (universitaire), Ayyoub Habib (écrivain), Azamoum Saïd (enseignant universitaire), Azem Hocine (vice-président CMA/Algérie), Bekkat Amina (universitaire), Bekkat Nadir (avocat), Belhimeur Mahmoud (journaliste), Bellahsène Amar (étudiant), Bouaricha Nadjia (journaliste), Bouchek Saliha (correctrice), Boudraâ Chahrazade (PES correspondante de presse), Boufroura Smaïl (maître de conférences), Boumendil Arezki (journaliste, ancien député), Bourslya Ferhat (chimiste), Boussaïd Fatima (chargée de programme), Boutadjine Mustapaha (artiste peintre), Bouzeghrane Nadjia (journaliste), Chentouf Moulay (militant MDS), Djebar Fouad (étudiant au Canada), Djermoune Nadir (architecte, universitaire), Faïssal Aziz (photographe), Ferrah Md Arezki (architecte à Montréal), Fouila Yasmine (ingénieur), Gacemi Baya (journaliste), Gasmi Hamid (ingénieur), Ghris Mohamed (auteur, journaliste indépendant), Graïne Larbi (journaliste), Gribi Mustapha (retraité), Guerfi Azeddine (éditeur), Hachid Mourad (journaliste), Hachoud Kaci (citoyen, militant politique), Haddar Yazid (psychologue), Hadjadji Tayeb, Hadjarab Mustapha (journaliste en France), Hakkar Abderahmane (journaliste à Paris), Hamel Tewfik (doctorant en sciences politiques université), Robert Schuman, Hannoun Salah (avocat), Kacer Saïd (journaliste, écrivain), Kahla-Cherbal Anissa (libraire, enseignante), Kahla Saïd (médecin, artiste peintre), Kebaïli Akli (universitaire), Kenzari Touhami (journaliste à Lyon), Lahdir Chérif (journaliste), Lebkiri Moussa (auteur, comédien), Mahdid Brahim (étudiant), Makedi Madjid (journaliste), Medani Moussa (cadre d’entreprise), Medjahed Fayçal (journaliste), Medjamia Miloud (consultant), Mekfouldji Abdelkrim (enseignant à la retraite, journaliste), Missoum Boumediene (membre du Comité de soutien pour la liberté de la presse en Algérie), Oussadi Salem (architecte à Montréal), Ramdani Abdelkader (chef d’entreprise), Remi Yacine (journaliste), Rezagui Rachid (poète), Saâdallah Abdelkader (Dr en géologie, consultant), Sahki Abdellah (enseignant), Slimani Samia (architecte), Tlemçani Salima (journaliste), Yefsah Karima (universitaire), Yessad Mustapha (citoyen), Zobiri Oussama (agent commercial), Nadir Hammou (étudiant).
18 mars 2008
Appel pour la tolérance, pour le respect des libertés
Mes ami(e)s, vous connaissez Chawki Amari.
C'est un écrivain et journaliste algérien super sympa.
Omar Belhouchet est le directeur du journal El watan. Omar Belhouchet a failli être assassiné dans les années 1990 par des terroristes fondamentalistes islamistes, mais il n'a jamais arrêté de se battre pour la démocratie et la liberté d'expression.
Chawki Amari, vous avez peut-être lu son mini-roman Nourredine et Noura, vous avez vu comme il est.
Ils sont tous les deux condamnés parce qu'ils n'acceptent pas qu'on leur mette une muselière, ils défendent la liberté d'expression et la liberté de la presse.
Si vous êtes pour la liberté, signez cette pétition.
Vous pouvez envoyer votre signature directement ou me la donner par pm, et j'enverrai le tout.
J'espère que je ne vous importune pas avec ce problème, mais je n'aime pas l'injustice et l'arbitraire.
Merci, mes ami(e)s
Nedjma
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Condamnation de Omar Belhouchet et de Chawki Amari
Appel pour la tolérance, pour le respect des libertés
Des journalistes condamnés à des peines de prison ferme et menacés d’incarcération. Des syndicalistes licenciés pour avoir revendiqué des salaires décents. Des chrétiens harcelés pour délit de prière. Les signataires, vivement inquiets de cette escalade contre les libertés démocratiques expriment leur solidarité avec les journalistes libres, les syndicats autonomes et la communauté chrétienne d’Algérie, cibles de mesures aussi brutales qu’injustifiées ;
- réaffirment leur attachement à la liberté d’expression, au pluralisme syndical et à la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer ;
- appellent à la tolérance et au respect des libertés et de la diversité, valeurs cardinales de toute société démocratique. Alger, le 17 mars 2008
Premiers signataires (par ordre alphabétique)
Abdennour Ali Yahia (président d’honneur LADDH), Rabah Abdellah (journaliste), Hakim Addad (responsable associatif), Farida Aït Ferroukh (universitaire), Louisa Aït Hamou (universitaire), Arezki Aït Larbi (journaliste) Sanhadja Akrouf (éducatrice, responsable d’association), Tewfik Allal (militant syndical et responsable associatif), Zoubir Allouche (avocat), Dalila Alloula (médecin), Soltane Ameur (chirurgien hospitalo-universitaire), Sakina Ammar-Khodja (avocate), Djamila Amzal (comédienne), Malika Baraka (cardiologue) - Yahia Belaskri (journaliste), Hocine Bellaloufi (journaliste), Ben Mohamed (poète), Chérif Benbouriche (responsable associatif), Djilali Bencheïkh (écrivain), Hocine Benhamza (écrivain), Malika Benidir (avocate), Djamel Benmerad (journaliste écrivain), Djamel Benramdane (journaliste), Ali Bensaâd (universitaire), Nacéra Benseddik (archéologue), Fouad Boughanem (journaliste-éditeur), Yvonne Bounif-Lagadec (retraitée), Smaïl Boussalah (avocat), Jeanine Caraguel (universitaire), Salem Chaker (professeur des universités), Farid Cherbal (universitaire, syndicaliste), Hamid Chikdène (avocat), Ahmed Chikaoui (avocat), Fanny Colonna (directrice de recherche émérite au CNRS), Vincent Colonna (écrivain), Mohand Dahmous (ingénieur), Ali Dilem (caricaturiste), Daho Djerbal (universitaire), Malika Domrane (artiste), Saïd Doumane (universitaire), Ihsen El Kadi (journaliste), Abdelkrim Elaïdi (universitaire), Barkahoum Ferhati (chercheur), Amel Feve (employée),Tewfik Guerroudj (architecte), Mohamed Hachemaoui (universitaire), Haddad Nacer (juriste), Smaïl Hadj Ali (enseignant chercheur) - Leïla Hadj Arab (avocate), Bachir Hadjadj (écrivain), Sofiane Hadjadj (éditeur), Saïd Hamdani (docteur en médecine), Mohamed Harbi (historien), Selma Hellal (éditeur), Hichem (le Hic caricaturiste), Mohammed Iouanoughène (journaliste), Boudjemâa Karèche (ancien directeur cinémathèque d’Alger), Ali Kati (expert comptable), Khelloudja Khalfoun (avocate), Saïd Khellil (pharmacien biologiste) Liazid Khodja (cinéaste), Slimane Laouari (journaliste), Jean-Pierre Lledo (cinéaste), Mahmoud Mamart (journaliste), Mohamed-Larbi Marhoum (architecte), Dahmane Marouf (médecin réanimateur), Malika Matoub (présidente Fondation Matoub Lounès), Adlène Meddi (journaliste, auteur), Faïka Medjahed (chirurgien dentiste), Ferhat Mehenni (artiste), Sahra Mekboul (universitaire), M’barek Menad (cinéaste, comédien), Farida Mesbahi Aïche (avocate), Rachid Messaoudi (médecin allergologue), Fayçal Metaoui (journaliste), Arezki Metref (journaliste, écrivain), Ali Mouzaoui (cinéaste), Amrane Naït Ali (avocat), Mouhoub Naït Maouche (ex-membre de l’ALN), Kamel Naït Zerrad (universitaire), Boussad Ouadi (éditeur, libraire), Aomar Ouali (journaliste), Hacen Ouali (journaliste), Hadjira Oubachir (poétesse, comédienne), Ali Oubouzar (ex-officier de l’ALN), Lila Oubouzar (universitaire, architecte), Idir Ounoughen (chirurgien dentiste), Arezki Ounoughene, (médecin urologue) - Méziane Ourad (journaliste), Fatima Oussedik (sociologue), Nouredine Saâdi (universitaire, écrivain), Nadjib Sadek (avocat), Boualem Sansal (écrivain), Sid Ahmed Semiane (SAS, journaliste), Hamid Skif (écrivain), Rezika Slimani (avocate), Wassila Tamzali (ex-directrice à l’Unesco, essayiste), Belkacem Tatem (metteur en scène et comédien), Yassine Temlali (journaliste), Kamel Yahiaoui (artiste plasticien), Hassina Yahiatène (avocate), Dalika Zekal (présidente d’association), Hassane Zerrouki (journaliste), Ghania Zidane Rezzouk (secrétaire).
Pour signer la pétition, contacter l’un des premiers signataires ou envoyer un mail à : sos.libertes@yahoo.fr





