13 janvier 2008
Ne croyez pas...
... que je n'ai plus rien lu depuis le mois de mai... non... non... je ne suis pas si ignare ou inculte... j'ai lu plein de livres... de femmes, sur les femmes, des livres normaux, j'ai lu Harry Potter... des romans sérieux... des romans amusants... mais je ne vous en ai pas parlé... il faudra que je me rattrape... mais patientez un peu... je vis dans un stress quotidien...
Je suis contente d'aller bientôt à Paris au maghreb des livres. Je vais y retrouver mes amies et je rencontrerai peut-être encore une fois Fawzia Zouari, et d'autres écrivaines maghrébines.
Djalila Dechèche y sera, c'est sûr, on s'est déjà fixé rendez-vous.
31 mai 2007
Le harem et les cousins
Voilà le résumé du livre de Germaine Tillion.
Un classique sur la condition féminine dans le pourtour méditerranéen. Germaine Tillion nous démontre que l'oppression des femmes, loin d'être le triste apanage de l'Islam, sévit aussi bien dans les pays chrétiens que musulmans dont aucun n'a su totalement repousser cet héritage de la préhistoire et du paganisme.
Le pire est que cet asservissement ne profite à personne: l'aliénation des femmes aliène les hommes et appauvrit dramatiquement les régions où elle pèse le plus. Il aura fallu qu'une ethnologue célèbre remonte jusqu'aux origines de l'humanité, se fonde sur ses travaux scientifiques, interroge sa mémoire pour que nous soyons propulsés, incidemment, à l'avant-garde d'un féminisme jusque-là trop empêtré dans l'inventaire de ses différences pour analyser le mal commun qui frappe à la fois l'oppresseur, sa victime et la civilisation qui les porte.
Le harem et les cousins, Editions du Seuil, Points.
30 mai 2007
Germaine Tillion
Germaine Tillion, j'ai lu son livre "Le harem et les cousins" il y a bien bien longtemps... et je reconnais que je n'en ai plus qu'un vague souvenir.
J'étais persuadée qu'elle était morte, comme tous les gens nés il y a bien longtemps aussi et qui ont écrit des livres intéressants.
Quelle ne fut pas ma surprise en lisant ce matin dans El watan qu'elle fête aujourd'hui ses 100 ans! C'est vraiment extraordinaire!!!!
Germaine Tillion centenaire
« Des vies à la recherche du vrai et du juste »
Pionnière de l’ethnologie, résistante de la première heure, opposante à la torture en Algérie, « femme de réflexion et d’action à la recherche du vrai et du juste », Germaine Tillion fêtera ce mercredi ses 100 ans avec ses proches dans sa maison à l’orée du Bois de Vincennes.
Président de l’Association Germaine Tillion, créée en 2003 pour protéger et diffuser son œuvre, Tzvetan Todorov raconte à l’AFP qu’elle a « toujours combiné ses activités d’ethnologue et d’historienne avec une action politique sur des causes particulières comme la torture en Algérie ou les sans-papiers ». Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire), Germaine Tillion fêtera son centenaire dans sa maison de Saint Mandé (Val-de-Marne) où elle vit depuis un demi-siècle, avec sa sœur, âgée de 98 ans, sa nièce et quelques proches.Tzvetan Todorov ajoute que Germaine Tillion, « encore assez active, n’a rien perdu de son activité intellectuelle et suit l’actualité avec intérêt ». Les chanteurs, qui interpréteront à partir de samedi au Théâtre du Châtelet à Paris Le Verfügbar aux Enfers, une « opérette-revue » dont elle a écrit le texte à Ravensbrück, viendront chez elle pour lui en chanter quelques passages. « Germaine Tillion a toujours eu beaucoup d’humour même dans les moments les plus difficiles, comme lors de sa déportation et la mort de sa mère Emilie également déportée », dit Tzvetan Todorov. « Elle n’est jamais devenue une donneuse de leçons et a toujours traversé les pires épreuves avec le sourire, ce qui fait d’elle un personnage si lumineux », assure Tzvetan Todorov intarissable sur les nombreuses vies de cette femme inclassable. De 1934 à 1940, la jeune ethnologue réalise quatre missions dans le massif montagneux des Aurès (Sud-Est algérien) sur la population berbère chaouia. De retour en métropole en juin 1940, lors de la débâcle, Germaine Tillion, révulsée par le discours de Pétain annonçant l’armistice, cherche dès le 17 juin à résister et participe à la fondation du Réseau du musée de l’homme, le tout premier des réseaux de la résistance. Dénoncée et arrêtée en 1942, elle est déportée l’année suivante à Ravensbrück où elle résiste en restant ethnographe et décrivant l’univers concentrationnaire. Cachée dans une caisse, elle écrit son « opérette-revue » sur l’enfer des prisonnières, pour distraire ses compagnes. Germaine Tillion est « toujours restée une observatrice engagée pour la cause de l’humanité et pas une militante encartée dans un parti », dit Tzvetan Todorov. « Elle n’est pas seulement une héroïne de la résistance et de la guerre d’Algérie, mais surtout une femme de réflexion et d’action », dont il a rassemblé une soixantaine d’interventions dans un ouvrage intitulé A la recherche du vrai et du juste, en 2001. En 1957, en pleine bataille d’Alger, elle réussit à obtenir, pour quelques semaines, l’arrêt des attentats contre l’arrêt des exécutions capitales de militants du FLN, après une rencontre secrète avec Yacef Saâdi, chef militaire de la région d’Alger. En même temps, Germaine Tillion s’élève avec véhémence contre la torture avec l’historien Pierre Vidal-Naquet ou le journaliste Henri Alleg. Depuis 2005, une école de Saint Mandé porte le nom d’Emilie et Germaine Tillion, par ailleurs l’une des cinq Françaises à avoir été élevée à la dignité de grande croix de la Légion d’honneur.
Rémi Yacine
20 février 2007
La deuxième épouse

Je suis en train de lire ce livre de Faouzia Zouari, une écrivaine tunisienne dont j'avais déjà lu "La Retournée" l'année dernière. Cette année, je l'ai rencontrée au Maghreb des livres, nous avons sympathisé - c'est une femme formidable!!!! - et longuement discuté.

J'ai donc acheté son dernier livre, et commencé à le lire il y a quelques jours.
L'histoire est racontée sous différents angles, d'après plusieurs personnages féminins, dont les deux principaux sont Rosa - la deuxième épouse - qui après une tentative de suicide, est dans le coma, et la romancière. Donc, on passe de l'une à l'autre, la plus grande partie de l'histoire est sous forme de monologues, mais il il y a des dialogues intercalés quand par exemple la romanciére raconte ses discussions avec ses amies.
Hier soir, avant de m'endormir, j'ai lu encore quelques pages, et là, j'ai piqué un de ces fous rires! J'ai lu le passage à mon mari, et maintenant, je vais vous le recopier.
Fawzia Zouari a un style formidable - un humour, un sens de la provocation extraordinaires - jugez-en par vous-mêmes
Alors, c'est Soraya, une amie de la romancière, qui lui raconte pour la n-ième fois comment elle s'est retrouvée au chômage:
"Je vais te citer un échantillon ... Tu me diras ensuite si, avec un tel QI, ils ont des chances de s'adapter à l'époque moderne... "Monsieur l'imam, est-ce qu'on a le droit d'avaler sa salive pendant le ramadan?" ... "Je travaille dans un restaurant de roumis; servir le vin à mes clients équivaut-il à le boire?" Et l'imam de répondre sans ciller: "Si vous êtes en train de courir et que vous avalez votre sueur, ce n'est pas comptabilisé. Si, par mégarde, vous avalez une mouche alors que vous jeûnez, Allah vous pardonnera..."
...
Les femmes, c'est pire encore! Quatre-vingt pour cent de leurs questions portent sur le sexe, rayon hygiène et coucheries halal.
Elle contrefait sa voix, de plus en plus stridente:
- J'ai eu mes règles cinq minutes après le moghreb, mon jeûne est-il "comptabilisé"? Mon mari a touché par mégarde mon sein droit, notre ramadan est-il comptabilisé?
Et sais-tu ce que l'imam a répondu ce jour-là? "N'ayez crainte, ma soeur, c'est comptabilisé. Mais n'oubliez pas que la femme indisposée n'est pas apte à prendre des décisions claires et censées, car elle n'a pas toutes ses capacités mentales peundant les règles." Ce jour-là, je me suis fâchée. J'ai fait signe aux techniciens de lui couper le micro...
...
Je me suis approchée de l'imam, assis à côté de moi dans le studio, l'air de rien, et je me suis mise à miauler: "Savez-vous que vous avez une belle barbe et une superbe voix?" Il m'a regardée, outré. "Avez-vous conscience que votre voix comme vos poils peuvent m'exciter, moi aussi? Vous êtes une vraie tentation! Pourquoi est-ce que vous ne vous voilez pas?"
Je lui ai passé la main sur la joue que j'ai commencé à caresser. Il s'est levé d'un bond, a retroussé sa djellaba et a détalé en criant: "Aoudhou Billah! Cette femelle est pire que Satan!" Sur le moment, toute l'équipe était pliée de rire. Le lendemain, c'était autre chose..."
La deuxième épouse, Editions Ramsay, Pages 184, 185, 186, 187.
14 février 2007
Commencements

Tout a commencé au Maghreb des livres. Je n'avais pas du tout l'intention de passer par là... par ce corridor de la mairie du 13ème arrondissement où il n'y avait qu'un stand... oui, au mur e´taient accrochés des tableaux... mais je les avais déjà vus le matin... et puis, je me suis retrouvée en train de marcher vers ce stand... peut-être y trouverai-je une femme-poète pour La Voie Lactée...
J'arrive donc au stand, il y avait des livres, des tout petits et des normaux, et une boîte de dattes... je commence à regarder à regarder les livres... devant le stand, 2 jeunes femmes... puis d'autres gens arrivent et demandent s'ils peuvent goûter les dattes... "Mais oui, elles sont là pour ça, répond l'une des deux dames... mais il faut faire un voeu en la mangeant..."
J'étais tellement absorbée que je n'ai même pas retenu pourquoi il fallait faire un voeu... maintenant, ça m'intéresse... ma curiosité est piquée, mais c'est trop tard... à moins que cette jeune dame ne se manifeste en lisant ça...
Je regardais ce petit recueil de poèmes, je le feuilletais, le posais, le reprenais... je n'arrivais pas à me décider... puis la jeune dame m'a parlé

Nous avons commencé à discuter, elle m'a parlé de ses poèmes, de son recueil que je tenais à la main, et là, je me suis décidée. Je l'ai acheté, après tout, j'étais venue pour acheter de la poésie, je l'avais trouvée, avec son auteure... j'étais comblée. Et de plus, plusieurs poèmes et des calligraphies pour les illustrer.

Je suis très heureuse d'avoir rencontré une femme très sympathique et de partager ses beaux poèmes avec vous






