09 mars 2008
Les algériennes et le 8 mars
Voilà un article paru aujourd'hui dans le journal El watan.
Il faut savoir qu'en Algérie, l'après-midi du 8 mars est "fériée" pour les femmes, et il y a toujours des spectacles, des réunions, des discussions, ou... comme c'est le cas ici, seulement des promenades, des sorties, se sentir libre, une après-midi par an... pas beaucoup... mais c'est comme partout ... presque...
Les algériennes et le 8 mars 
Rêve d’un jour
Les fleuristes, les magasins de prêt-à-porter ainsi que les parfumeries et les vendeurs de glaces ont été, hier, les lieux de prédilection des Algéroises célébrant la Journée mondiale de la femme.
La capitale a été enveloppée, hier, dans une aura féminine joviale. C’est la Journée mondiale de la femme. Dès le début de l’après-midi, les trottoirs comme les espaces publics et les magasins étaient bondés de la gent féminine qui tente d’imprimer un sceau de gaîté à cette fête. Et les astuces ne manquent pas. A Bab El Oued, plusieurs mamans ont opté pour une randonnée avec leurs enfants aux abords de Kettani pour profiter des aires de jeux installées dans ces lieux. A quelques mètres de là, des couples, bras dessus bras dessous, contemplent la mer splendide ou s’amusent dans des discussions intimes. En avançant à la place des Martyrs, il est difficile de se frayer un chemin devant la marée humaine féminine qui emprunte les allées du marché à ciel ouvert. Des jeunes filles, accompagnées de leurs mères, s’attardent sur le choix de la dernière marque de parfums ou scrutent les dernières recettes de maquillage. Profitant de l’occasion, de petits prospectus publicitaires sont offerts aux passagers par l’école Efmod pour les informer des formations lancées, dont TS modéliste, en haute couture, TS en éducation de la première enfance, animatrice de crèche. Même ambiance à la rue Ben M’hidi. Les trottoirs sont bondés de femmes et de jeunes filles, sans omettre les vieilles femmes, l’air souriant. Les magasins de prêt-à-porter pour femmes sont presque pris d’assaut. La boutique Diamantine propose une panoplie de styles, à commencer par des pulls et djellabas jusqu’aux châles, kaftans, babouches et broches. La préposée à la caisse est très satisfaite de ses clientes, en dépit de la coupure d’électricité durant la journée, rendant la visibilité quasi nulle. Aux alentours de la place Emir Abdelkader, c’est le rush sur les crèmes et glaces. Les salons de thé et le Milk-bar sont archipleins, et les femmes imposent un interminable charivari. Sur les trottoirs, des marchands à la sauvette proposent aux jeunes filles une variété de bijoux et de colliers cédés, en cette journée, à des prix symboliques. Malika, pleine d’humeur, exhibe sa rose avec fierté, et dira : « La matinée, j’étais au boulot. Puis, j’ai préféré passer l’après-midi avec des copines. » Ses amies s’éloignent un peu et sont absorbées par une vitrine de bijoux. Le fleuriste, à côté de la Grande poste, ne sait plus où donner la tête. Il n’a pas chômé toute la journée. Deux petites fleurs sont cédées à 200 DA. A la place Audin, l’atmosphère est enjouée. Il faut faire la queue pour s’offrir une glace servie en esquimau, corneto ou en coupe. Dans la foule féminine, Wahiba, la quarantaine, admet : « Je n’ai rien programmé pour cette journée. Je prends ma glace et je rentre chez moi. » Pourtant, à la salle de cinéma El Djazaïr, une belle recette est concoctée en la circonstance : une exposition des tenues traditionnelles, un film Le conflit (traitant des problèmes familiaux), et enfin, un gala artistique haut en couleur. Les retardataires ont souvent tort puisque plusieurs familles ont été interdites d’accès faute de places. A la rue Hassiba Ben Bouali, les boutiques de liquettes et de manteaux pour femmes connaissent une affluence soutenue. Lila, dégustant sa crème, affirme : « Après une matinée au travail, on a programmé une sortie en groupe entre copines. On n’a pas eu le temps d’aller au théâtre ou au cinéma. » Les Algéroises ont plusieurs manières de faire la fête, mais toutes veulent rompre avec le train-train quotidien et dire leur espoir pour un lendemain meilleur.
M.R.
07 mars 2008
La montre et la clé
Voilà, une année est passé depuis le dernier 8 mars. Et nous y revoilà. Y a-t-il eu des changements pour les femmes cette dernière année? En Allemagne, Angela Merkel a été élu chancelière - on dit chancelière ou chancelier pour une femme? Disons alors - chef du gouvernement... allons bon... pour chef il n'y a pas de féminin... bon, bref... elle gouverne la République Fédérale d'Allemagne... Ca va comme ca? Oui...
En France, Ségolène Royal n'est malheureusement pas passée... parce que c'est une femme... oui... oui... ne me dites pas qu'elle aurait été pire que Sarkozy... mais bon... ce qui est passé est passé...
Attendons maintenant les résultats aux USA...
Mais voilà un article du journal Elwatan du 6 Mars 2008 sur la situation des femmes en Algérie... écrit par un homme... ce qui veut dire que la situation n'est pas désespérée... mais ce n'est pas demain demain la veille que les femmes seront considérées comme les égales des hommes. Il faudra encore des décennies et des siècles...
Et les femmes occidentales ont beau crier haut et fort qu'elles sont libres, moi je dis aussi haut et fort qu'elles ne le sont pas... il y a encore beaucoup de pain sur la planche. On pourra en discuter, si vous voulez.
Mais en attendant, lisez cet article, il y en aura d'autres encore...
Nedjma
LA MONTRE ET LA CLÉ
Pourquoi sommes-nous heureux que pour Arts & Lettres, le 8 mars tombe le 6 ? Certainement pas l’idée d’un scoop pour cette Journée célébrée depuis 1910 sur proposition de la révolutionnaire allemande Clara Zetkin.
En fait, ce décalage nous permet d’échapper un peu au sentiment de malaise qui s’empare malgré tout de nous en cette circonstance comme en toute journée consacrée. Eternel débat entre ceux qui pensent que ne pas marquer une date si importante pour la condition féminine serait impardonnable et ceux qui ne pardonnent pas de suggérer que les 364 autres jours, la femme n’a pas droit de cité. Ainsi, samedi après-midi, les Fériel seront fériées. Cheb Yazid rejaillira pour son concert annuel gratuit. Les restaurateurs, les fleuristes et les dragueurs se frotteront les mains. Et dimanche viendra… Heureusement, à El Watan — et dans d’autres titres —, la situation des femmes n’est pas une histoire de calendrier. Pas plus qu’une histoire de célébration, car que célébrer ? Si l’on peut souligner quelques avancées formidables des Algériennes, il est clair qu’elles doivent toujours les arracher et se démener ensuite pour les conserver. Depuis les grossièretés dans la rue jusqu’à leur statut juridique, en passant par le harcèlement sexuel, les violences physiques et le machisme ambiant, elles affrontent tant de choses. Pas étonnant que les biographies ou romans de femmes contiennent souvent cette question que doivent se poser au moins une fois dans leur vie toutes les autres : pourquoi ne suis-je pas née garçon ? Si elles s’investissent surtout dans le savoir et le travail pour en connaître la valeur vitale, elles sont de plus en plus présentes dans la culture, ne se contentant plus d’être les muses des mâles inspirations. Elles écrivent, peignent, photographient, réalisent et interprètent… Elles dirigent des maisons d’édition, des galeries d’art, des musées, des sociétés de production audiovisuelles… Elles savent que sans la culture, la société ne peut avancer et que, sans cela, elles régresseront davantage. L’article ci-contre relate une anecdote qui aurait pu être cocasse si elle n’était pas si révélatrice : le mari de Fadhma Amrouche conserva jusqu’à sa mort le manuscrit de son épouse enfermé dans un meuble, la clé de ce dernier accrochée à sa montre, parfait symbole de nos paradoxes entre le temps qui avance et les verrous qui enferment. M. Amrouche était sans doute un brave père de famille. Mais combien sommes-nous (j’ai bien dit nous) de braves pères et fils de familles à ne pas voir le destin de nos mères, épouses, filles, sœurs et concitoyennes et à leur réciter chaque jour ce vers immortel d’un grand poète : ô femme, qu’y a-t-il à manger ce soir ?
Ameziane Ferhani
08 janvier 2008
Oui... oui...
Je sais, l'année vient de commencer... et moi, je vous parle déjà du 8 Mars...
Ben oui, il faut préparer... il faut réfléchir... il faut noter... imaginer...
Comme ca tombe un samedi cette année, je vais organiser quelque chose au MANAR... une exposition... de la musique... je vais voir... Si vous avez des idées, allez-y! Je serais reconnaissante pour tout ce que vous me conseillerez... après je ferai mon choix selon mes moyens...
J'adore!!!!!!





