26 juin 2009
Le prunier de Bertolt Brecht
Voilà le poème original, en allemand, de Bertolt Brecht. Un poème très court. Je l'aime beaucoup.Chaue fois que je le lis, j'imagine - et je vois - ce petit prunier frileux et malingre.
Der Pflaumenbaum
Im Hofe steht ein Pflaumenbaum,
Der ist so klein, man glaubt es kaum.
Er hat ein Gitter drum,
So tritt ihn keiner um.
Der Kleine kann nicht größer wer'n,
Ja - größer wer'n, das möcht' er gern!
's ist keine Red davon:
Er hat zu wenig Sonn'.
Dem Pflaumenbaum, man glaubt ihm kaum,
Weil er nie eine Pflaume hat.
Doch er ist ein Pflaumenbaum:
Man kennt es an dem Blatt
_____________________________________________________________________________________________________
Je l'ai traduit en français, j'espère que ma traduction n'est pas trop mauvaise. Mais je n'en ai pas trouvé une correcte, alors vous vous contenterez de la mienne.
Le prunier
Dans la cour, il y a un prunier
Il est si petit, qui le croirait
d’une grille entouré,
Ainsi il est protégé
Ce petit aimerait bien grandir
Oui... grandir, c’est son souhait
Mais il n’en est pas question :
le soleil ne le chauffe pas de ses rayons
Un prunier, qui le croirait,
il n’a jamais porté une seule prune
Et pourtant c’est un prunier :
C’est à ses feuilles qu’on le reconnaît
11 juin 2009
Demain, dès l'aube...
J'ai appris ce poème quand j'étais à l'école primaire, je ne sais plus en quelle classe, mais il m'avait vraiment touchée, d'autant plus que la maîtresse nous avait raconté que Victor Hugo l'avait écrit après la mort de sa fille Léopoldine qu'il aimait beaucoup et qui lui lui manquait.
Pour une petite fille, c'était très impressionnant.
Et puis, il y a quelques années, une de mes amies a perdu sa petite fille, et j'ai tout de suite pensé à ce poème de Victor Hugo.
En décembre, ma cousine est aussi partie, et ma tante est inconsolable. Donc, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce poème.
Mais je trouve qu'il n'est pas seulement triste, il n'exprime pas seulement le deuil, mais aussi et surtout de l'amour. Et c'est ce qui fait sa beauté..

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur
Les Contemplations, 1847
16 juillet 2008
Bonsoir mes amis - Gute Nacht Freunde
Voilà, j'ai cherché sur you tube la chanson que je vous ai mis la dernière fois. Vous pouvez l'entendre en version originale allemande chantée pas Reinhard Mey.
http://fr.youtube.com/watch?v=EYgCdGXkpBg&NR=1
En principe, il la chante aussi en français, mais je ne l'ai pas trouvée, alors je vous mets cette adorable petite jeune fille.
http://fr.youtube.com/watch?v=ToRs7Zdirks&feature=related
Vous voulez écouter d'autres chansons de Reinhard Mey? Il y en a une que j'adore, dans laquelle il fait revivre tous les aviateurs, les pionniers de l'aviation... Je vais essayer de vous la traduire si je ne trouve pas le texte français. Elle est magnifique! Mais ce sera pour une autre fois.
Pour en revenir à Bonsoir mes amis... c'est la chanson que je souhaiterais qu'on écoute le jour de mon enterrement ou de mon incinération... Non, ne commencez pas à protester comme ma meilleure amie qui m'a trouvée complètement débile le jour où j'ai eu le malheur de lui en parler. C'est vrai, quoi, j'ai le droit de prévoir l'avenir, non? Et si je n'émets pas mes souhaits maintenant de mon vivant, qui saura ce que je veux quand je ne serai plus de ce monde?
Alors, voilà... tout le monde doit chanter cette chanson que j'adore.
Et puis, de toute façon, ma meilleure amie, comme elle a exactement le même âge que moi... bon... ou on partira en même temps, ou l'une après l'autre... donc, il n'est pas question qu'elle prenne cette décision...
Je dis ça à mes enfants...
Mais bon, je ne veux pas vous gâcher votre lecture, je sais que les gens n'aiment pas ce genre de discours... et pourtant...
Et maintenant, je vous dis:
Frappe dans tes mains
qu'il fait bon vivre
Frappe dans tes mains
qu'il fait bon vivre
Frappe dans tes mains
la joie de vivre
joie de vivre!
Comme vous voyez, je n'ai pas l'intention de céder la place tout de suite... je tiendrai bien encore quelques années...
Et maintenant, je vous dis Bonne nuit, mes ami(e)s, à demain ou à très bientôt!
31 janvier 2008
Page d'écriture
Voilà encore un poème que j'adore, et je tiens absolument à le partager avec vous... chaque fois que je le lis, j'ai l'impression d'être ce petit garçon... Je vois l'oiseau... je vois les murs de la classe qui s'écroulent, l'encre qui redevient eau, un ruisseau qui coule en chantant, la craie qui redevient falaise... imafginez un peu, au ralenti... ce morceau de craie qui devient de plus en plus grand... énorme... immense... el la plume qui redevient oiseau et qui s'envole...
Et quand j'ai un enfant dans ma classe qui rêve... je le rappelle à l'ordre, parce qu'il faut... en tant que prof, je dois tenir mon rôle... mais je vois l'enfant et l'oiseau, et je ne peux pas m'empêcher de sourire...
Mon grand garçon, quand il était petit, il voyait aussi cet oiseau, et il l'appelait au secours... Faudra que je lui demande s'il vient le revoir de temps en temps, maintenant qu'il a grandi...

Jacques PRÉVERT
Deux et deux quatre _____________________________ Images |
http://www.skg.krumbach.de/oldsite/kunst/kunstmeetslyrics/images/rechenstundebld1.jpg
http://www.skg.krumbach.de/oldsite/kunst/kunstmeetslyrics/images/rechenstundebld2.jpg
13 janvier 2008
Ophélie
Voilà le tableau que je cherchais pour illustrer le poème de Rimbaud.
Je ne connaissais pas le nom du peintre, mais grâce à mon amie Adioula, je l'ai retrouvé, et grâce à google, j'ai retrouvé le tableau.
Il est si beau! Si triste! Mais les fleurs symbolisent la beauté et vie... mais elles ont été coupées, donc, elles ne sont que passagères, et elle vont se faner, comme la vie...
L'eau... le cours de la vie...
Et me voilà en train de philosopher de bon matin, un dimanche!

Ophelia
John Everett Millais
12 janvier 2008
Ophélie
Puisque L'Albatros et Le Bateau ivre vous ont plu, je vous mets Ophélie maintenant.
Lisez-le et répétez les mots... laissez-les quelques instants dans votre bouche, répétez-les... c'est si beau... et les images que ces mots suscitent... je la vois, Ophélie...
Quand je faisais mes études, j'ai lu un article sur Ophélie, il était dit que la noyade est le mode de suicide typique des femmes... en général, elles réussissent à être sauvées in extrémis... c'est donc un appel au secours... en fait, elles tiennent à la vie... les hommes préfèrent les méthodes radicales... une balle dans la tête... j'avais pensé à l'époque et je pense toujours que le suicide est affreux, et le suicide par noyade n'est pas spécialement beau... Mais bon, je ne veux pas débuter la journée en vous donnant des idées noires... ce que j'aime dans ce poème, c'est la langue, le style, les mots... la poésie... en fait, j'aime tout...
Ophélie
Arthur Rimbaud)
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte trés lentement, couchée en ses longs voiles...
On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
ô pale Ophélia! belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
Et l'infini terrible effara ton oeil bleu !
Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
02 janvier 2008
Arthur Rimbaud - Le bateau ivre
J'aime ce poème!
Comme l'albatros, il me donne en même temps la chair de poule, et une envie d'évasion...
C'est aussi un poème de ma jeunesse lycéenne, mais aussi du temps de mes études de littérature comparée à l'université de Mayence. J'avais fait un exposé sur le Bateau ivre et Ophélie... ne me demandez pas si c'était bon, je ne m'en souviens plus... mais disons que c'était correct, puisque j'ai réussi mes études hihihi
Chaque fois que je relis ce poème, je suis impressionnée par les mots et les expressions, les métaphores, les symboles.
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
30 décembre 2007
L'albatros
Voilà bien longtemps que je n'ai pas mis de poème dans La Voie lactée, et ça fait un bon moment que l'Albatros me tourne dans la tête. Je l'adore ce poème, je l'ai appris... ne me demandez pas quand... au lycée... ou à l'école... je ne sais plus... à partir d'un certain âge, ce n'est plus très important... quand... où...
Imaginez un peu... je n'avais jamais vu d'albatros, je ne savais pas ce que c'était... et je n'avais jamais pensé à aller voir dans un dictionnaire...
Mais la magie des mots était plus importante que l'image...
Et alors... un brûle-gueule... je savais encore moins ce que c'était... et l'expression "les gouffres amers" répétez plusieurs fois "les gouffres amers" ... le mystère des mots... c'est si beau tout en étant affreux... 
L'albatros
Charles Baudelaire
Imaginez un peu... je n'avais jamais vu d'albatros, je ne savais pas ce que c'était... et je n'avais jamais pensé à aller voir dans un dictionnaire...
Mais la magie des mots était plus importante que l'image...
Et alors... un brûle-gueule... je savais encore moins ce que c'était... et l'expression "les gouffres amers" répétez plusieurs fois "les gouffres amers" ... le mystère des mots... c'est si beau tout en étant affreux...

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
27 novembre 2007
Loreley
Vous allez sûrement me dire que j'ai le tic de Heinrich Heine
Hier, le poème sur Germania, aujourd'hui la Loreley
Mais c'est comme ca que je suis... à prendre ou à laisser... prenez, c'est mieux...
Ce poème est romantique... je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit, mais chaque fois que nous avons de la visite, une sortie au bord du Rhin s'impose, et nous faisons notre pèlerinage à la Loreley. La région est d'une beauté magnifique... le Rhin coule lentement... majestueux... le soir, au moment du coucher du soleil, on peut se mettre dans l'atmosphère du poème... et chaque fois, je commence à réciter ces vers...
Je vous les mets d'abord en allemand, puis en francais.
Loreley
Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.
Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.
Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldnes Haar.
Sie kämmt es mit goldnem Kamme,
Und singt ein Lied dabey;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodey.
Den Schiffer, im kleinen Schiffe,
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh'.
Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Loreley getan.

Mon Coeur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.
Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.
Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.
Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante
Ensorcelle le coeur.
Dans sa barque, l'homme qui passe,
Pris d'un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l´espace,
Vient sur l`écueil de mort.
L´ecueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher.
Heinrich Heine
27 octobre 2007
Connais-tu le pays où...
J'adore ce poème de Goethe, l'un des plus grands poètes allemands.
Je vous ai cherché la traduction francaise.
Il parle de L'Italie, mais ca pourrait être aussi l'Espagne ou l'Algérie ou la Tunisie ou le Maroc...
| Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn, Im dunkeln Laub die Goldorangen glühn, Ein sanfter Wind vom blauen Himmel weht, Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht? Kennst du es wohl? Dahin! Dahin möcht' ich mit dir, O mein Geliebter, ziehn. Kennst du das Haus? Auf Sälen ruht sein Dach, Kennst du den Berg und seinen Wolkensteg? |
En allemand, il dit: connais-tu le pays où fleurissent les citronniers... là on a traduit "orangers"... mais bon...

MIGNON
Connais-tu le pays où fleurit l'oranger,
Le pays des fruits d'or et des roses vermeilles,
Où la brise est plus douce et l'oiseau plus léger,
Où dans toute saison butinent les abeilles,
Où rayonne et sourit, comme un bienfait de Dieu,
Un éternel printemps sous un ciel toujours bleu?
Hélas! que ne puis-je te suivre
Vers ce rivage heureux d'où le sort m'exila!
C'est là, c'est là que je voudrais vivre,
Aimer, aimer et mourir!
C'est là que je voudrais vivre, c'est là! oui, c'est là!
Connais-tu la maison où l'on m'attend là-bas?
La salle aux lambris d'or où des hommes de marbre
M'appellent dans la nuit en me tendant les bras,
Et la cour où l'on danse à l'ombre d'un grand arbre,
Et le lac transparent, où glissent sur les eaux
Mille bateaux légers pareils à des oiseaux?
Hélas! que ne puis-je te suivre
Vers ce pays lointain d'où le sort m'exila!
C'est là, c'est là que je voudrais vivre,
Aimer, aimer et mourir!
C'est là que je voudrais vivre, c'est là! oui, c'est là!





