La Voie lactée

Points de vue sur les femmes, la vie, les étoiles

26 juin 2009

Chawki Amari: Le journal d'une Suédoise en Algérie

Je l'ai découverte par hasard, cette nouvelle chronique de Chawki Amar, dans le journal - Tout sur l'Algérie, quotidien électronique. Les étés passés, il avait un feuilleton dans El watan, d'abord, il y a 2 ans, Le voyage de Nouredine et Noura, puis l'année dernière l'épopée du couple de harraga qui a essayé par tous les moyens de quitter l'Algérie. Je me demandais ce qu'il allait nous concocter cet été... en lisant "Point zéro", sa chronique journalière du journal El watan, je pensais qu'il n'était plus en mesure de rire et de nous faire sourire avec son humour sarcastique. Je me suis dit "ça y est, c'est fini, il a été anéanti par les problèmes en Algérie", mais quelle n'a pas été ma surprise en découvrant le journal Le journal d’Ann Sjoberg, une Suédoise de passage à Alger... Vous imaginez un peu, Chawki Amari qui va au cybercafé et trouve ce journal oublié par la jeune Suédoise, dans lequel elle raconte ses aventures et mésaventures, ses étonnements face au peuple et à la mentalité algériens. Là j'ai retrouvé son humour caustique, sa capacité de nous faire rire ou sourire en décrivant les travers du peuple algérien, il a fait à travers ce journal un portrait plein d'humour et d'amour de l'Algérie. En le lisant, on a l'impression d'y être, de sentir la canicule, de manquer d'eau, on voit les gens vivre, on les entend parler et chanter, et surtout, on est attendri(e) par la naïveté de la pauvre Ann qui a du mal à comprendre. Seulement, elle commence peu à peu à prendre goût à ce pays, et je ne serai pas étonnée si elle décidait de ne plus retourner en Suède... qui parie?

Ben oui, dans le dernier épisode, elle semble être tombée amoureuse du vulcanisateur... vulcanisateur... un métier qui n'existe pas en Suède...

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Le prunier de Bertolt Brecht

Voilà le poème original, en allemand, de Bertolt Brecht. Un poème très court. Je l'aime beaucoup.Chaue fois que je le lis, j'imagine - et je vois - ce petit prunier frileux et malingre.

Der Pflaumenbaum

Im Hofe steht ein Pflaumenbaum,
Der ist so klein, man glaubt es kaum.
Er hat ein Gitter drum,
So tritt ihn keiner um.
Der Kleine kann nicht größer wer'n,
Ja - größer wer'n, das möcht' er gern!
's ist keine Red davon:
Er hat zu wenig Sonn'.

Dem Pflaumenbaum, man glaubt ihm kaum,
Weil er nie eine Pflaume hat.
Doch er ist ein Pflaumenbaum:
Man kennt es an dem Blatt

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Je l'ai traduit en français, j'espère que ma traduction n'est pas trop mauvaise. Mais je n'en ai pas trouvé une correcte, alors vous vous contenterez de la mienne.

Le prunier

Dans la cour, il y a un prunier
Il est si petit, qui le croirait
d’une grille entouré,
Ainsi il est protégé
Ce petit aimerait bien grandir
Oui... grandir, c’est son souhait
Mais il n’en est pas question :
le soleil ne le chauffe pas de ses rayons

Un prunier, qui le croirait,
il n’a jamais porté une seule prune
Et pourtant c’est un prunier :
C’est à ses feuilles qu’on le reconnaît

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11 juin 2009

Demain, dès l'aube...

J'ai appris ce poème quand j'étais à l'école primaire, je ne sais plus en quelle classe, mais il m'avait vraiment touchée, d'autant plus que la maîtresse nous avait raconté que Victor Hugo l'avait écrit après la mort de sa fille Léopoldine qu'il aimait beaucoup et qui lui lui manquait.
Pour une petite fille, c'était très impressionnant.
Et puis, il y a quelques années, une de mes amies a perdu sa petite fille, et j'ai tout de suite pensé à ce poème de Victor Hugo.
En décembre, ma cousine est aussi partie, et ma tante est inconsolable. Donc, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce poème.
Mais je trouve qu'il n'est pas seulement triste, il n'exprime pas seulement le deuil, mais aussi et surtout de l'amour. Et c'est ce qui fait sa beauté.
.

images

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur

Les Contemplations, 1847

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19 avril 2009

Sakura michi: Mon mec est un coureur

Vous vous êtes sûrement demandé pourquoi je vous parle d'une course de 250 km qui a lieu au mois d'avril au Japon quand les cerisiers sont en fleurs... Vous croyez que je suis une grande sportive? Une championne qui court des centaines de kilomètres? Eh ben non, vous vous trompez... je suis plutôt le genre à passer mon temps avec un livre...

Mais j'ai plusieurs raisons: et d'une, j'aime le printemps, et j'aime le Japon... je suis fascinée par la culture et les paysages... et puis, les Mangas... je ne les lis pas, mais j'ai appris à les aimer grâce à mes garçons et à tous les ados qui viennent en chercher au MANAR... et de deux, j'aime les arbres en fleurs... et de trois, j'adore la couleur des fleurs de cerisiers... et de quatre... et c'est pour ça que je vous parle de cette course... mon mec y participe... pour la deuxième fois déjà... et je viens de voir les résultats sur le site... il a réussi... il est arrivé... et je suis fière de lui...

Est-ce lui, là?

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J'ai trouvé cette photo sur le site en cherchant les résultats

Posté par Nedjma à 14:37 - Il court... il court... - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sakura michi - La course des cerisiers

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La Sakura Michi, une course de 250km non-stop qui traverse le Japon par sa largeur et relie NAGOYA et KANASAWA d'Est en Ouest. Elle a lieu chaque année au mois d'avril, quand les cerisiers sont en fleurs.
C'est une course presque mythique, où il n'y a pas de premier ni de dernier...  - si, bien sûr qu'il y a un(e) premièr(e) et un(e) dernièr(e)... ils n'arrivent pas tous en même temps... mais vous me comprenez, n'est-ce pas?

D'abord, quand ils arrivent, ils doivent toucher un cerisier... il n'y a pas de coupe, ni de médaille... et encore moins d'argent... bon, bien sûr, tous ceux qui réussissent sont récompensés... ils participent d'abord à Shirakawa à la cérémonie de plantation d'un cerisier et plus tard, ils reçoivent une couronne de fleurs de cerisiers et un trophée en bois de cerisier sur lequel est gravé leur nom et le temps qu'ils ont mis.

Dans quelques jours, je vous raconterai l'histoire et l'origine de la Sakura michi...

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12 mars 2009

Les gens sympas... la suite

Ben... en fait de continuer demain... ca fait presque une semaine maintenant... mais vous me connaissez entretemps, vous savez que ma notion du temps est un peu particulière, mes amies du Québec en savent quelque chose, je vais bientôt (peut-être) y retourner, et je n'ai pas fini de raconter mes péripéties d'il y a ... combien de temps déjà???? Mais ne vous inquiétez pas, j'ai une très bonne mémoire, et un jour peut-être, j'écrirai mes mémoires... non... ce n'est pas une répétition, il y a une différence entre LA mémoire, substantif féminin, et LES Mémoires, substantif masculin pluriel... oui, oui, je sais, je ne suis pas là pour vous faire un cours de grammaire francaise... déformation professionnelle? Tant que je n'essaie pas de vous vendre des livres... déformation professionnelle aussi?... je vous vois en train de brandir vos rouleaux à patisserie... OK... OK... je raconte la suite...

Voilà... je suis arrivée sans encombre à la station-service, heureusement qu'il n'y avait pas de circulation, sinon j'aurai eu des problèmes à rouler aussi lentement dans la rue principale... pas spécialement large et où personne ne peut ni n'a le droit de doubler...
Arrivée à la station, j'ai fait la super décontractée... mais... mais... mais... la dernière fois que j'y étais pour regonfler les pneus, c'est mon garcon qui s'était occupé de tout... je savais que l'espèce d'appareil se trouve entre les... comment on les appelle... là où on fait le plein... enfin, vous me comprenez... mais ce soir-là, il y avait beaucoup de voitures, beaucoup de monde, et je ne savais pas où donner de la tête... mais ca, ca m'arrive souvent, ce n'était pas nouveau... toujours est-il...
J'ai fini par trouver l'engin, et je l'ai transporté jusqu'à la voiture... ne vous inquiétez pas, il n'est pas lourd, même pour une faible femme...

Et là... là... il fallait passer à l'action... je sais comment on gonfle un pneu... mais la technique... la technique... alors, j'ai enlevé le truc, ca c'était OK, et j'ai commencé à... essayer de gonfler... mais ca n'a pas marché....
Je suis rentrée dans la station, j'ai fait la queue pendant au moins 5 minutes, et j'ai demandé au caissier s'il ne voulait pas m'aider - d'habitude il le fait, mais là, il était débordé - il m'a lancé un regard aggressif et répondu: Pas question de quitter ma caisse!" Brrrrrrrr......!!!!!!!!!!!!! J'en ai eu froid dans le dos.... je suis ressortie et je me suis mise à côté de ma voiture... il fallait trouver une solution... et voilà que mon sauveteur est arrivé... un jeune homme qui allait monter dans sa voiture et partir... votre Nedjma n'a pas réfléchi longtemps... elle lui a sauté dessus... bon... chuis pas un vampire... ni une sauvage... vous comprenez ce que je veux dire, là... je lui ai demandé gentiment et poliment s'il pouvait m'expliquer comment on fait... que d'habitude, c'est mon fils qui s'occupe de tout, mais que là, je dois me débrouiller... et il a tout fait... j'ai bien observé pendant qu'il gonflait le pneu, j'ai tout enregistré, et j'ai décidé de me débrouiller seule la prochaine fois...
Mais j'espère qu'il n'y aura pas de prochaine fois... je ne sais pas si je me souviens de tout... ou alors, il me faudra de nouveau un jeune homme...

Posté par Nedjma à 12:06 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2009

Les gens sympas

Vous savez... ou vous ne savez pas... je suis une grande optimiste... malgré tous les problèmes qu'il y a dans le monde, malgré les deuils et les tristesses, je suis persuadée que la vie est belle et qu'elle vaut la peine d'être vécue parce qu'il y a des gens sympas et gentils... en l'espace de quelques semaines, j'en ai eu la preuve...

D'abord, c'était avec le pneu arrière de ma voiture; en sortant du MANAR, je me suis apercue qu'il était presque à plat... ayayay ayaya, mon voisin pensait qu'il fallait changer complètement la roue, le mari de ma voisine m'a demandé si j'avais vu que le pneu était à plat... ben, quoi, je n'allais pas appeler le service de dépannage, quand même? Et je n'allais pas rentrer à pieds à la maison alors qu'il faisait si sombre et un froid de canard en plus... ah ca noooon!!!!!!!! Il n'en était pas question. Alors, j'ai décidé de tenter le tout pour le tout... j'ai roulé tout doucement, en faisant bien attention... bon, je ne sais pas si cela change quelque chose... mais je me disais qu'en roulant lentement, je ne risquais pas de massacrer le pneu... bien que... mais bon... je ne m'y connais pas, moi, avec les pneus et les moteurs et tout ce qui s'en suit... et ca s'appelle une femme émancipée, ca? Mais bon, ce n'est pas le fait de s'y connaître en pneus qui fait qu'on est plus ou moins émancipée...
....

Il se fait tard maintenant, je continuerai mon histoire ce soir ou demain...
Vous m'attendez?

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01 mars 2009

J'ai mes opinions...

... et je suis prête à dialoguer et discuter... mais je n'aime pas qu'on me fasse la morale parce que mes opinions ne sont pas conformes à ce qu'on attend de moi... je ne peux pas supporter qu'on m'attaque dès que je parle de religion...
Je suis pour le dialogue et la liberté d'opinion, mais je ne veux pas qu'on m'aggresse...
Je respecte les autres, j'ai beaucoup d'amies qui portent le hidjab, et je m'entends très bien avec elles, même si nous n'avons pas les mêmes convictions... je n'essaie pas de les convaincre et elles me laissent trranquille aussi... coexistence pacifique...

Donc, quand quelqu'un critique mes opinions, je m'attends à ce que cette critique soit et reste objective et qu'on évite les clichés et les termes qui n'ont aucun sens.

Posté par Nedjma à 21:59 - Je sème à tout vent - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2009

Foulard au lycée

Fin janvier, fin du 1er semestre (le système scolaire allemand partage l'année en 2 semestres), salle des profs en pleine effervescence, on fait les bulletins, on met les notes, on fait les moyennes, et bien sûr, le proviseur prévoit les départs en retraite (oui, à la fin du semestre aussi) et l'arrivée de nouveaux collègues... le lycée a un besoin urgent d'un(e) collègue qui enseignerait l'allemand et l'instruction civique et politique...
Donc, voilà un mercredi fin janvier, j'arrive dans la salle des profs, et je vois ma collègue prof d'allemand et d'ICP en pleine discussion avec une jeune femme portant un jean, une petite robe chasuble sur un pull rouge et enfourladisée... assise à ma place... j'ai un mouvement de recul... noooooon!!!!!!!!!!!!!!! pas parce qu'elle est assise à ma place, mais j'ai cru que c'était une élève de terminale... et je me suis demandé si les terminales avaient le droit exceptionnellement de rentrer dans la salle des profs... on ne sait jamais... j'ai pris mes affaires qui étaient sur la table, et je suis allée m'asseoir à une table.
Sur le chemin du retour, ma collègue m'annonce que c'est la nouvelle prof...
Ah bon...
elle était un peu... comment dire... surprise... d'autant plus que d'autres collègues ont commencé à protester... mais quand le proviseur lui dit: Le ministère nous a envoyé une nouvelle collègue, vous devez lui donner toutes les infos pour qu'elle commence le 2 février, ben... y a rien à faire...
le lendemain, grandes discussions dans la salle des profs... les pour... les contre... moi, je leur ai dit tout de suite que j'étais contre... une bonne fois pour toutes... les jeunes dames parmi les collègues étaient neutres... et estimaient que chacun(e) pouvait s'habillait comme il voulait et mettre ou ne pas mettre le foulard...
Les délégués du personnel ne l'entendaient pas de cette oreille et ont écrit une lettre au proviseur et au ministère pour dire qu'ils refusaient une prof enfourladisée... ils n'ont rien contre elle personnellement, mais elle doit enlever son foulard quand elle est dans l'établissement... et elle a été informée de cette lettre par le ministère...
Le surlendemain, il y avait un article dans le journal de la ville, comme quoi le proviseur refusait une enseignante parce qu'elle porte un foulard...
Tout le monde se demandait QUI avait donné cette nouvelle au journal... j'ai lu l'article, et je leur ai dit que ca venait des conseilleurs de cette jeune dame... ca ne pouvait venir de personne d'autre...
Il faut dire qu'elle avait été déjà renvoyée d'un lycée de Rhénanie-Westphalie après un procès qui a duré 6 ans parce qu'elle refusait d'enlever son foulard... alors, elle a déménagé dans notre région parce que chez nous le foulard n'est pas interdit (ben oui, chaque Land a ses lois, à cause du fédéralisme)...
Et maintenant, voilà... les journaux en parlent presque chaque jour, tout le monde est bien embêté parce que ce n'est pas une question de racisme ni d'être contre l'Islam, mais de correction...
Hier, je suis allée voir le proviseur et je lui ai demandé s'il était au courant que je suis musulmane... il était étonné, il ne le savait pas... ben oui, on ne m'a jamais demandé ma religion... et là, je l'ai assuré de mon soutien dans cette affaire... si on l'accuse d'être contre l'islam, il peut dire qu'il a depuis plus d'un an une enseignante musulmane et il n'y a jamais eu de problèmes ni de discussions... Moi-même je ne sais pas si mes collègues sont catholiques, musulmans ou athées et ca ne me viendrait pas à l'idée de le leur demander... ce sont mes collègues, un point c'est tout...
Mais quand une prof arrive avec un foulard, c'est qu'elle veut montrer la différence...
Et puis, on ne peut pas enseigner la littérature allemande ni l'instruction civique et politique quand on porte un foulard... quand on affiche sa religion et ses positions... il n'est plus question de démocratie dans ce cas... on ne peut pas rester neutre...
Si elle enseignait les maths, la physique et la chimie, ce serait un moindre mal... et encore...

Affaire à suivre... parce que maintenant, la politique s'en mêle...

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31 janvier 2009

Je sais encore parler l'arabe

Je sais, vous pensez déjà "Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire? Qu'est-ce qu'elle va nous sortir encore?" - et aussi "Qui a dit qu'elle ne sait pas ou ne sait plus parler l'arabe? - et encore "Pourquoi ne saurait-elle plus parler l'arabe? - et pour finir - "On ne savait même pas qu'elle parle l'arabe"...
Bon, maintenant que j'ai fait l'introduction, je vais passer au développement...

Voilà... je parle l'arabe depuis que je suis née... l'arabe, enfin... l'arabe algérien, mais aussi l'arabe classique... je l'ai appris à l'école et au lycée, je n'étais pas trop trop mauvaise... je sais lire aussi, mais souvent je devine plus les mots que je ne les lis vraiment parce que j'ai des problèmes quand ce n'est pas vocalisé...
Mais le grand problème, c'est que je n'ai pas trop l'occasion de parler l'arabe, et donc, j'ai l'impression d'avoir tout oublié... il y a encore quelques années, j'avais des élèves irakien(ne)s, libanais(es), palestiniennes, et donc, je leur expliquais la grammaire allemande en arabe, je traduisais, c'était bien... je leur parlais en arabe classique parce qu'ils n'auraient jamais compris mon dialecte algérien... il me fallait toujours un temps pour me remettre dans le bain de la langue, ils étaient ravis...

Et puis l'arabe algérien... alors-là... c'est un peu comme le créole... pas tout à fait, mais presque... quand on ne trouve pas le mot qu'il faut en arabe, on arabise le mot français et le tour est joué...

exemple:
la ceinture... ceintoura...
la voiture: tomolbil
le téléphone: tilifoune
téléphoner: enntilifouni

Mais ce sont juste quelques exemples qui n'ont rien á voir avec ce que je veux vous raconter...
Donc, vous savez - ou vous ne savez pas - que je parle tout le temps en allemand ou en français, et j'étais donc persuadée que l'arabe... adiossss!!!!!!!!!!!!
Et ne voilà-t-il pas qu'il y a quelques jours, j'ai téléphoné à ma cousine qui est prof d'arabe, et avec laquelle j'ai toujours parlé en arabe quand j'étais en Algérie... j'avais peur de commencer à bégayer, à chercher mes mots... mais... vous me croyez ou vous ne me croyez pas... j'ai parlé comme si on s'était quittées la veille, tout en arabe... sans hésitation, sans chercher mes mots... décontractée... J'ai failli me retrouver sans voix... mais ce n'était pas possible... comment parler avec ma cousine si je n'ai plus de voix?
Et Nedjma sans voix, ce n'est pas Nedjma... alors, j'ai continué à parler... en arabe...

Posté par Nedjma à 21:12 - Je sème à tout vent - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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