La Voie lactée

02 février 2017

Bientôt 10 ans

Ca fait bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de ma petite librairie. Nous sommes toujours là, elle et moi, et ça va faire 10 ans.
Je ne sais pas si je vous l'ai dit, nous avons encore déménagé en juin 2010, et depuis, il y a un peu plus de mouvement. Bien que... ces derniers mois... le parking était fermé, et il y a eu beaucoup moins de clients, mais les fidèles , les purs et durs, viennent toujours... ils envoeint leur commandes par mail, ou ils téléphonent, puis ils viennent chercher leurs livres. Ou alors, je les leur envoie, c'est un service meilleur que celui d'am...zon.
Il y a toujours les actions, comme la Journée nationale de la lecture, la Journée mondiale du livre, et bien sûr chaque année les enfants de première année reçoivent en cadeau un livre
Mes clients sont toujours aussi sympas, on s'entend bien, on discute beaucoup
Beaucoup de profs du collège et du lycée commandent les lectures chez moi.
Que dire de plus? C'est formidable

Lesetüte14-1

Chaque enfant reçoit un sac avec un livre et un emploi du temps ainsi qu'un gâteau pour toute la classe pour la récréation

Kuchen

Posté par Nedjma à 17:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Il est temps que le printemps arrive

Le temps, un sujet inépuisable
Pour le moment, c'est calme, je n'ai pas de clients dans ma petite librairie, mais le sujet de discussion le plus important est toujours le même: LE TEMPS.
Le soleil brille, il vient de paraître, à l'instant
Le soleil, ces derniers mois, ces dernières semaines, on ne l'a pas beaucoup vu... normal... on est en hiver. Bon, bien sûr, de temps en temps, il a fait une petite apparition. Mais de nos jours, on n'a plus d'hivers normaux... pas de neige à Noel, la météo nous avait prévenu des jours et des semaines à l'avance: Pas de Noel blanc, mais de la pluie, ou temps sec... puis en janvier au moment où on reprend le travail, du verglas, et maintenant, en février, on se demande quand le printemps arrivera enfin.
Je reconnais, je n'aime pas l'hiver, à cause de la neige, du verglas, et je n'aime pas non plus l'été quand il fait trop chaud... mais ai-je le choix? Non! Alors, j'accepte ces deux saisons, l'hiver en grelottant et en tremblant de peur de glisser et tomber et me casser un bras ou une jambe, et j'accepte aussi l'été en soufflant
Mais quand je réponds aux gens qui se plaignent: "Après tout, on est en hiver", ben on me foudroie du regard... non, il est temps que le printemps arrive!


Posté par Nedjma à 13:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Journée ordinaire d'un "Mahgour"

Taous Aït

Il se lève à 11h avec difficulté , toujours du mauvais pied ; c'est que notre jeune Mahgour ne dort pas assez ; il passe ses nuits courbé sur son PC à polémiquer, critiquer , philosopher, refaire le monde et la société ; lynchant ses concitoyennes tout en échangeant avec des Européennes de l'âge de sa mère des messages enflammés. 
Il attend que "La3jouz" laisse tout tomber pour lui servir son café , c'est que voyez vous , ça ne fait pas "rejla" d'appeler maman la femme qui l'a porté ; elle est "la vieille " et la servante depuis qu'elle l'a enfanté. 
Il avale son petit dejeuner tout en maudissant le goût du lait en sachet ; Ah si son père avait été "qafez " , il aurait volé et c'est du Candia que notre Mahgour aurait bu et c'est une villa qu'il aurait habité .......mais bon , son vieux père un peu trop honnête n'a rien fait pour lui assurer un avenir aisé. 
Déjà midi , il faut qu'il se presse , il dévale en trombe les escaliers ; il ne faut pas qu'il rate la sortie du lycée ; une jolie jeune fille pleine d'ambition l'a repoussé et notre Mahgour ne l'a pas supporté , il continue à l'harceler . "Hagratni parce que Zawali " , il ne lui vient pas à l'idée que si elle l'a repoussé ce n'est pas parce qu'il est issu d'une famille modeste mais parce qu'il n'est pas du même niveau intellectuel , pas de son âge , ou que simplement il lui déplait .....Non , les filles de son pays hagarate , matérialistes , toutes des putes, sauf sa mère, sa soeur et les "jilbabiyate" et de toute façon elles sont laides et "moustachate" . 
Notre jeune Mahgour est une lumière, il connaît toutes les fatwas concernant la femme par coeur , manque de pot il a arrêté ses études au collège , parce qu'il est toujours tombé sur de méchants professeurs ! Tous des hagarine ses enseignants , qui pourtant sont les mêmes que ceux de sa soeur qui poursuit brillamment des études universitaires ....
14h une petite faim se faisant ressentir , rien de mieux qu'un sandwich de chawarma chez le Syrien du coin ; il regarde la foule agglutinée devant le petit restaurant tout en pensant à l'argent fou qu'il devrait se faire en une journée . "Jaw kerrayine welaw cherrayine " qu'il marmonne maudissant son pays d'avoir permis aux réfugiés de travailler . "Khobz eddar yaklo el berrani !" lance t'il indigné , "eli yji yekhdem 3andna , ghir hna ! " . Il ne pense pas que si ces orientaux se font de l'argent c'est parce que simplement ils bossent durement et ont l'art et le talent de l'esprit commerçant . 
Il déambule dans les rues, son sandwich à la main , en jetant un regard de dédain aux "Africains" , ah ces "Nwagra" qui ont ramené avec eux toute sorte de maladies en plus de voler notre pain !! Welah qu'il a entendu l'information sur Ennahar Tv de la bouche d'un "médecin "!!
L'Afrique , il ne la reconnaît que quand son pays y joue au ballon , et encore , il faudrait que ces Africains reconnaissent notre suprématie de blancs ! Mais même en football , nous sommes victimes d'arbitrage ennemi , "hagrouna saddiqi " !
Notre Mahgour n'a encore jamais travaillé , il attend de décrocher un poste de cadre supérieur bien rénuméré , il ne va tout de même pas se briser le dos comme un Malien sur un chantier !!
C'est que voyez vous , il est atteint de deux maladies mystérieuses qui font un ravage sur sa génération et qui n'ont trouvé remède ni dans les hôpitaux ni même chez le grand raqqi de la nation ; "Eddisque " ( Hernie discale à la mode , invisible à l'examen , empêchant le sujet atteint de fournir de gros efforts ou de porter du poids mais ne l'empêchant pas de faire du bodybuilding ) et "Eddiqa" ( Détresse respiratoire très en vogue ne se déclenchant qu'en cas d'effort ou en présence de poussière, d'humidité, de sable , de ciment ou de terre mais ne se déclenchant jamais en fumant des cigarettes , de la zetla ou même la moquette ) . 
17h , notre jeune Mahgour sirote son café dans un gobelet jetable , béni en soit l'inventeur qui lui permet à présent de jouir de ce breuvage sans être confiné dans un espace réduit et de ne rien rater des scènes de la rue. En compagnie d'autres Mahgourine comme lui , il passe au scanner toutes les femmes et toutes les filles ; celle ci trop grosse , celle là trop maquillée , celle ci trop moche , et l'autre sans foulard trop nue !! Ah ces femmes qui ont tout pris , les boulots, les logements, les voitures et envahissent les rues ! Qu'elles restent chez elles et tous les problèmes du Mahgour Algérien seront résolus ! Plus de chômage , plus de crise économique ! Ces postes qu'elles occupent "injustement ", de la petite secrétaire , à l'enseignante , à la femme médecin, à la juge du conseil d'état sont de la pure hogra et leur reviennent de droit et puis d'ailleurs "hram tahkom mra ! " , c'est ce que lui a dit cheikhna !!
Les gobelets vides et les mégots jetés à même le trottoir sous le regard médusé du vieil éboueur du quartier qui venait à peine de balayer , notre Mahgour rentre chez ses parents en donnant au passage un coup de pied à un chat noir qui miaulait , "wejh ecchar, ahmed rebbi maranich chenwi ....sinon je t'aurais mangé ! " .
20h , il regarde les informations sur les chaînes de caniveaux en attendant que la soeur rentrée épuisée de sa faculté , laisse tomber ses livres et ses cahiers pour servir le dîner à son frère qui lui fait une faveur en la laissant étudier . Refuser de le servir serait une atteinte à sa dignité et à sa virilité et il ne faudrait quand même pas qu'il se sente méprisé ! 
22h notre Mahgour reprend position sur son PC , il doit absolument trouver une une Européenne à charmer, il n'en peut plus de ce pays de Hogra et il ne rêve que de harga ; car il mérite de vivre dans un pays de justice et de respect de l'humain et des lois et non une "Dawla haggara" .....et puis il aura ses papiers là bas , et puis il épousera une Maria Sharapova et non une moustacha , et puis à l'Islam il la convertira , et puis quand il reviendra au pays avec sa blonde voilée et son Ibiza , il ne sera plus Mahgour mais un Roi ........et puis voilà.

Bonjour le monde , bonjour l'humanité !!!

Posté par Nedjma à 12:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 janvier 2017

Taous Aït: Drapeau et moulins à vent

Encore un texte magnifique de Taous, fort, touchant et frappant de vérité

 

Drapeau et moulins à vent

Oui monsieur le président je l'avoue , je n'ai pas mis de drapeau 
Qu'on me condamne de trahison , qu'on me mène à l'échafaud 
C'est que voyez vous , je ne possède ni étendard ni oripeau 
 Un emblème ne s'achète pas et je ne sais pas combien ça vaut

Oh j'en avais auparavant , ma mère me l'avait mis dans mon trousseau 
Délicatement brodé , posé entre ma robe berbère et mon caraco
C'est que voyez vous , quand on va loin on emporte de son pays un morceau 
Pour le sentir quand rien ne va et le caresser quand il ne fait pas beau

Et quand j'ai eu mes enfants , je l'ai étendu à la tête de leur berceau 
Pour que les couleurs de ma patrie s'inscrivent dans leurs cerveaux 
C'est que voyez vous , on s'accroche à ses valeurs comme à un radeau
Quand l'identité se perd au milieu de différents chants d'oiseaux

Au fil du temps et des voyages il se trouvait toujours dans mon ballot 
Ne riez pas mais au travail il avait sa place d'honneur sur mon bureau 
C'est que voyez vous , on devient un peu chauvin et parfois même idiot
Quand le ballon sépare des coeurs qui furent solidaires et amicaux

Mais aujourd'hui je suis revenue laissant tout derrière mon dos
Je ne pensais pas avoir à prouver mon nationalisme aux badauds 
C'est que voyez vous , mon drapeau , je le porte en seconde peau 
Pour le faire flotter sur mon balcon vous devrez m'écorcher à chaud

Oui monsieur le président je l'avoue, je n'ai pas mis de drapeau 
J'ai le mal de mère patrie quand je sens qu'on me mène en bateau 
C'est que voyez vous, je n'aime ni le populisme ni l'allégeance des troupeaux
Et je n'ai pas à choisir entre une enclume inconnue et votre célèbre étau

Quand le devoir m'appellera , je rangerai mes larmes, je prendrai les armes et affûterai mes mots 
Car voyez vous , il y a plus de patriotisme dans ma maison sans drapeau qu'il n'y en aura jamais dans vos châteaux .

Bonjour le monde , bonjour l'humanité !

Posté par Nedjma à 11:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 janvier 2016

Taous Aït: Si on s'aimait

Pour le moment, c'est l'avalanche de reproches et d'insultes parce qu'une jeune Kabyle a OSÉ parler en arabe et en français au lieu d'utiliser SA langue maternelle devant les micros et les caméras de télévision. Il y a eu même un appel au viol sur internet... appel anonyme, bien sûr, l'auteur est bien trop lâche pour signer de son vrai nom... non, il se réclame de la berbérité, il défend la langue et la culture berbères, oh quel prouesse! 
On se demande vraiment de quel droit certains estiment que nous ne méritons pas d'être musulmans, d'être Algériens... et maintenant voilà qu'un énergumène veut ôter à cette jeune fille le droit à l'identité kabyle.
C'est pathologique!
Mais pendant que nous sommes indignés, ou à bout d#arguments, ou... ou... ou... 
Taous Aït trouve toujours les mots qu'il faut au moment où il le faut, et lle nous propose une solution très simple
Ce texte me fait penser à "L'Albatros" de Charles Baudelaire


L'homme libre ne connaît pas la haine , il est trop occupé à aimer 

Il vole au dessus de montagnes et plaines , ses larges ailes déployées
Le sang qui bouillonne dans ses veines , irriguant sa soif de liberté
Il ne peut s'encombrer de lourdes chaines , que la haine lui ferait porter .
Bonjour le monde, bonjour l'humanité !!!
Et si on s'aimait aujourd'hui histoire de se sentir léger ??
@Taous Aït

L'albatros

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées 
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Posté par Nedjma à 14:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


15 janvier 2016

Taous Aït: Dans les rues de ma ville

Hier sur facebook, j'ai vu une photo avec un article. Ce matin, encore une fois la photo, avec un autre article, et les réations des lecteurs. 
Tous tristes, révoltés, dégoûtés.
Il y a de quoi. Un jeune chanteur, avec une guitare, qui essaie de mettre un peu de joie dans la grisaille de cette année qui a commencé avec des attentats, des viols, des assassinats, des morts, et des guerres qui n'en finissent pas.
Il fait trop de bruit? Il dérange? Il chante dans la langue de "l'ennemi"?
La police l'a embarqué comme un criminel.
Il est loin, le temps où en Algérie la culture avait quand même une place, où on pouvait voir les derniers films dans les beaux cinémas, aller au théâtre, entendre des chanteurs étrangers ou algériens.
Là, je vois des photos du nouvel opéra d'Alger... mais à quoi sert un opéra grandiose et luxueux quand des petits chanteurs n'ont pas le droit de s'exprimer, de partager leur art. On sait bien que l'opéra n'est pas pour le peuple, il sera pour des privilégiés qui ont les moyens de se payer les tickets d'entrée à des prix horripilants. Alors, pourquoi empêcher les gens "normaux" d'écouter de la musique gratuite dans la rue?
Ben oui, il n'y a que les faibles qui sont punis, l'art et la cultures sont faibles
Mon amie Taous Aït a bien exprimé la situation - de manière artistique, poétique.
Si ce n'était pas macabre et si réel, je dirai que c'est beau. Mais ce n'est pas beau, c'est triste, ça donne envie de pleurer



Dans les rues de ma ville

Dans les rues de ma ville il y a des prostituées qui se font tabasser ; c'est okay ....c'est okay ....
Des dealers intouchables qui distribuent la mort à des écoliers ; c'est okay ....c'est okay .....
Des pickpockets organisés et des voleurs à l'arrachée ; c'est okay ....c'est okay ....
Des voyous qui harcèlent et agressent tout vagin sur deux pieds ; c'est okay ....c'est okay ....

Des petits réfugiés tuberculeux qui crèvent de faim et de froid ; c'est sympa ....c'est sympa ....
Des familles sans logis qui ont les arcades pour unique toit ; c'est sympa ....c'est sympa ...
Des barbus en jellaba qui vendent des strings et des wonderbras ; c'est sympa ....c'est sympa ....
Des prêcheurs qui vociférent menaces en hadiths et fatwas ; c'est sympa ....c'est sympa ....

Des gamins qui sniffent de la colle et d'autres qui se saoulent ; ça c'est cool ...ça c'est cool ...
Des sanguinaires amnistiés qui se fondent dans la foule ; ça c'est cool ....ça c'est cool ...
Des victimes de la "black decade" qui ont perdu la boule ; ça c'est cool ....ça c'est cool ....
Des obscurantistes qui promettent de transformer le pays en Kaboul ; ça c'est cool ....ça c'est cool ....

Mais quand un artiste essaye de semer un peu de joie ; les forces de l'ordre sont là !!! Qu'on arrête ce hors la loi !!!
Comment ose t'il jouer de la musique !!!? Qu'on enferme ce danger publique !!! 
Plus de faiseur de trouble à la place Audin , la police au service du peuple veille au grain !!
Non monsieur le troubadour d'Alger ; gratter sur ta guitare n'est ni sympa , ni cool , ni okay !!!

©Taous Ait

 

Posté par Nedjma à 15:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Algérie Culture

 

Dans les rues de ma ville il y a des prostituées qui se font tabasser ; c'est okay ....c'est okay ....
Des dealers intouchables qui distribuent la mort à des écoliers ; c'est okay ....c'est okay .....
Des pickpockets organisés et des voleurs à l'arrachée ; c'est okay ....c'est okay ....
Des voyous qui harcèlent et agressent tout vagin sur deux pieds ; c'est okay ....c'est okay ....

Des petits réfugiés tuberculeux qui crèvent de faim et de froid ; c'est sympa ....c'est sympa ....
Des familles sans logis qui ont les arcades pour unique toit ; c'est sympa ....c'est sympa ...
Des barbus en jellaba qui vendent des strings et des wonderbras ; c'est sympa ....c'est sympa ....
Des prêcheurs qui vociférent menaces en hadiths et fatwas ; c'est sympa ....c'est sympa ....

Des gamins qui sniffent de la colle et d'autres qui se saoulent ; ça c'est cool ...ça c'est cool ...
Des sanguinaires amnistiés qui se fondent dans la foule ; ça c'est cool ....ça c'est cool ...
Des victimes de la "black decade" qui ont perdu la boule ; ça c'est cool ....ça c'est cool ....
Des obscurantistes qui promettent de transformer le pays en Kaboul ; ça c'est cool ....ça c'est cool ....

Mais quand un artiste essaye de semer un peu de joie ; les forces de l'ordre sont là !!! Qu'on arrête ce hors la loi !!!
Comment ose t'il jouer de la musique !!!? Qu'on enferme ce danger publique !!! 
Plus de faiseur de trouble à la place Audin , la police au service du peuple veille au grain !!
Non monsieur le troubadour d'Alger ; gratter sur ta guitare n'est ni sympa , ni cool , ni okay !!!

©Taous Ait

Posté par Nedjma à 14:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 septembre 2015

Notes de voyage Un vendredi à Istanbul, pour pleurer Alger

Le Soir d'Algérie
www.algerieinfo.com

Par Ahmed Tessa

Le voyage organisé s’annonce excitant pour ce groupe de jeunes étudiants dont c’était aussi le baptême de l’air. Ils ont tellement entendu parler du Bosphore et d’Istanbul qu’ils en ont rêvé des jours avant le départ. 
L’initiateur de cette opération, Hadj Brahim, la soixantaine bien tassée, a choisi la destination au motif que la Turquie est un grand pays musulman. Mieux, il ne cesse de clamer que le parti politique d’Erdogan, au pouvoir depuis une douzaine d’années, a les mêmes initiales que celui où il active, ici en Algérie ! Avant de prendre l’avion, il rassemble ses jeunes troupes pour un briefing insolite. Le hall de l’aéroport Houari-Boumédiene a pris l’air d’une mosquée, avec notre brave hadj dans le rôle d’imam. «N’oubliez pas deux choses : vous appartenez à un pays qui a fait une révolution au nom de l’islam et vous allez visiter un pays où les principes de notre religion sont scrupuleusement observés.» Et de continuer son prêche d’un air solennel et plein d’emphase : «Nous débarquons jeudi soir. Le lendemain nous sommes vendredi, jour de prière commune. J’espère que vous avez ramené tout ce qu’il faut pour honorer votre statut : la sedjada (le tapis de prière) et le kamis.» Il n’avait pas besoin de parler de hidjab, les trois jeunes étudiantes présentes le portent, même s’il est de couleur noire. Les orientations/instructions ne résisteront pas à la réalité turque. De choc en choc, notre hadj a failli connaître l’overdose. Suivons son périple.
Il est connu que l’aéroport et la compagnie aérienne sont les premières vitrines d’un pays. A bord de l’Airbus de la Turkish Airlines, au moment du dîner, la stewardess proposa à notre hadj différentes boissons. A sa grande surprise, il vit des bouteilles de vin sur le chariot. Il refusa poliment et exécuta une prière à voix douce. Premier couac et bonjour la suite. 
Après l’atterrissage et la récupération des bagages, le groupe passe dans l’immense hall de l’aéroport Atatürk. D’immenses magasins baignés de lumières les accueillent. Impossible de ne pas regarder le premier d’entre eux : une grande boutique bien achalandée en bouteilles de vins et de liqueurs aux étiquettes étincelantes. Toutes les marques du breuvage de Bacchus y sont exposées. «Mais où suis-je donc ? A moins que je n’hallucine.» L’un des jeunes étudiants du groupe n’était pas dupe du spectacle. Il fut pris d’un fou rire en observant la mine contrariée du sympathique Hadj Brahim. 
Dans les chambres de l’hôtel, un cinq étoiles en plein centre d’Istanbul, de petits frigos exhibent leurs richesses : fruits, eau minérale, mais aussi bière et petites bouteilles de vin fin. Hadj Brahim fut pris de rage, il descendit les escaliers et fonça vers la réception pour demander à changer de chambre. «Impossible, elles sont toutes les mêmes.» lui répondit le réceptionniste, en arabe égyptien. La nuit ne sera pas de tout repos. Hadj Brahim la passa prosterné en direction de la Kaâba. Il exécuta prières sur prières jusqu’à l’aube.
Dans la salle de restaurant, au petit-déjeuner, il arriva le dernier, les yeux gonflés d’insomnie, et la barbe en broussaille. 
Il n’avait pas le choix de la table. Une seule place était disponible. Il tomba nez à nez avec un couple dont la jeune femme portait une mini-cuissette et un décolleté indécent pour des yeux «tartuffiens». 
Il décida de se lever pour prendre son petit-déjeuner quelque part dans le quartier. Mauvaise journée pour lui : accolé à l’hôtel, le café où il entra était bondé. 
Des couples de jeunes Stambouliotes, les uns en tenue de vacances, d’autres en attente de partir au travail, costume-cravate et barbe rasée de près. Les femmes habillées en tenue d’été libèrent leurs corps des lourdeurs étouffantes et, suprême insulte à ses convictions, les voilà qu’elles fument – y compris celles habillées de l’élégant tchador à la turque. Il y avait aussi beaucoup de touristes étrangers, avec l’accent chantant leurs langues maternelles. 
Ce sont les amoureux d’Istanbul la laïque : des Anglais, des Asiatiques, beaucoup de Moyen-Orientaux. Ces derniers, notamment les femmes, se laisseront aller aux délices d’une liberté dont ils souffriront l’absence à leur retour au pays. Les idées se bousculent dans la tête de Hadj Brahim. Ces scènes provoquent son regard. Il décide de rebrousser chemin vers l’hôtel. Il jeûnera en ce premier vendredi en Turquie. Se préparant à la prière du D’hor, nos jeunes touristes, tout de blanc vêtus, se rassemblent au niveau de la réception. A leur vue, le réceptionniste égyptien accourt vers eux pour leur communiquer une information de taille : «Ici, le port du kamis wahabbite est assimilé à une tenue féminine. Les Turcs ne le portent jamais. Ils vont vous regarder d’une drôle de façon. Je vous conseille de l’enlever.» Un seul refusa de respecter la consigne. Il sera à la peine sur son chemin vers la mosquée, ne supportant pas les quelques regards désapprobateurs. Sa réaction est épidermique. Il insulte. Un regard haineux en guise de réponse, et ce, avant d’entrer dans le saint des saints : la maison de Dieu. El hadj fulmine. Mais que faire, si ce n’est laisser passer l’orage ? Il sera calmé et réconforté par le muezzin avec son bel appel à la prière. Pas de décibels endiablés, juste de quoi alerter le voisinage de proximité avec une voix mielleuse débitant les versets en une douce musique. A Istanbul, les comportements religieux sont différents de ceux des villes algériennes : point d’ostentation ou de tapage. On va à la mosquée en tenue propre, sans rameuter les copains ou exhiber son accoutrement acheté de Riyad ou de Djeddah. Les Stambouliotes disposent d’un entracte pour prier et retourner au boulot. 
La Turquie a adopté le week-end universel et vendredi n’est pas férié. Le contexte algérien expliqué aux Turcs les fait frémir. Ils ne comprennent pas qu’on mette à fond la sono de la mosquée, cinq fois par jour. La lutte contre toutes les pollutions n’est pas un vain mot. Et pas seulement celle du bruit. En effet, nous avons été frustrés lors de notre séjour. Et de quelle manière ! Nous étions en manque de certains éléments familiers – et ô combien appréciés dans notre quotidien de citadins du IIIe millénaire : les ballets sonores et visuels des mouches, des moustiques, des sachets plastiques et des klaxons vociférant des voitures. Point de tout cela à Istanbul ! Pas la moindre trace qui nous ferait rappeler nos chers villes et villages d’Algérie, ce pays des miracles tant vanté par les gardiens de la pensée unique. Désolant et déprimant pour des drogués au «civisme citoyen» à l’algérienne que ces tableaux vivants offerts à la vue du touriste étranger. Tout est nickel dans les rues : les ouvriers de la voierie s’y activent à longueur de journée. Ils ne sont pas à la peine comme les nôtres : le civisme à la turque leur facilite la tâche. Un civisme citoyen qui puise son essence dans le mariage harmonieux entre les nobles valeurs de l’islam et celles de la laïcité, respectueuse de toutes les religions. «Point de contrainte en religion» ; «vous avez votre religion, j’ai la mienne» : ces deux préceptes de l’Islam nous ont été assénés, dans un français correct, par un jeune étudiant d’Istanbul. 
A la question de savoir si, en Turquie, le mot ihoudi (juif) était suivi de la formule typiquement algérienne, hachak (traduit en «sauf ton respect»), il reste ébahi. Il n’avait jamais entendu pareille formule. 
Ce respect de la diversité se lit partout où le regard vous porte : dans l’espace public en premier. Quelques églises et synagogues côtoient les nombreuses mosquées, véritables joyaux d’architecture. Dans les supérettes ou les petites échoppes d’alimentation, le touriste a le choix des achats. 
La charcuterie halal côtoie la haram, celle en viande de porc. Les boissons gazeuses cohabitent avec les boissons alcoolisées locales et étrangères : bière, vin, liqueurs et spiritueux. Quand elles sont respectueuses de la tenue conservatrice, les citadines d’Istanbul recouvrent leur beau chignon d’un foulard aux couleurs chatoyantes. Leur visage est ainsi bien mis en évidence. 
Ce qui ne les empêche pas de porter le pantalon ou de consommer les produits masculins dans les cafés, les pubs (bars) ou restaurants. Elles sont libres au sens plein du terme. Personne pour les invectiver ou leur proférer des phrases assassines. Les seuls niqab ou hidjab entrevus sont ceux de touristes du Moyen-Orient, des Saoudiennes en majorité. Les hommes d’Istanbul vivent leur islam, leur chrétienté ou leur judaïté de façon naturelle, sans signes ostentatoires. Dans les rues, aucune trace de barbus à la mode intégriste, comme chez les juifs orthodoxes, par exemple. La tolérance, moteur du «vivre-ensemble» se traduit en une règle d’or appliquée à la perfection par tous les Stambouliotes. C’est par cette valeur humaniste que se fructifient les trésors touristiques de cette grande puissance économique : ses sites paradisiaques, ses monuments historiques, ses traditions culinaires et ses potentialités hôtelières. Et cette manne touristique rapporte, chaque année, des milliards de dollars et des millions de touristes qui trouvent tout ce dont ils ont besoin – y compris un vendredi saint. Un aspect du comportement des habitants d’Istanbul nous a intrigués. Dans les ruelles adjacentes aux grandes artères du centre-ville, et à chaque entrée d’immeuble sont déposés deux bols, l’un plein d’eau et l’autre de nourriture. 
Les chats et les chiens errants du voisinage y trouvent leur compte. Une marque de respect à leur égard qui les différencie du sort de leurs congénères d’Algérie soumis à la torture, à l’abattage sommaire ou, pire, à l’empoisonnement. Autre motif de curiosité : la tenue de police est quasi invisible dans la ville. La circulation, très intense, ne semble pas perturber les citoyens. Il n’y a pas de bouchons ou de disputes entre conducteurs. Pas de klaxons intempestifs. 
Les feux tricolores sont omniprésents, même dans les petites ruelles. Grace au civisme des citoyens acquis au réflexe de la prévention routière, ces nombreux feux et les passages piétons régulent à eux seuls les énormes flux de voitures. Quant à la sécurité des personnes, elle est assurée par des policiers en civil. Très discrets mais efficaces. Nous avons assisté à une de leurs interventions contre un délinquant étranger surpris en flagrant délit de vol dans un magasin. 
Surgis de nulle part, deux jeunes civils brandirent les menottes pour le neutraliser. Notre séjour sera ponctué de visites des sites touristiques connus dans le monde entier. Il ne sert à rien de les décrire ici. 
Notre contribution a pour but de souligner la beauté fastueuse d’un atout aussi prestigieux que la beauté ensorcelante de ces monuments et de ces sites naturels. Il s’agit, vous l’avez deviné, de la richesse de cœur et de l’ouverture d’esprit des citoyens de Turquie. Des qualités en vogue dans la ville touristique d’Alger des années 1970. Mais qui ont malheureusement disparu sous les coups de boutoir d’une identité comportementale et vestimentaire importée… du néant des âges. Istanbul inspirera-t-elle nos belles villes ? C’est là un défi pour les Algériens.
A. T.

 

Posté par Nedjma à 17:03 - Commentaires [1] - Permalien [#]

04 septembre 2015

Le sommeil d'un enfant

ça fait bien longtemps que je ne suis pas venue mettre mon blog à jour. Beaucoup de travail.
Mais là, je veux partager avec vous ce poème bouleversant de Taous Ait
Les événements actuels ne peuvent pas nous laisser froids, et la photo du petit noyé encore moins.
C'est de lui que parle Taous Ait dans son poème

Les vagues câlinant mon corps
Fatigué d'avoir trop joué
Sans gilet et sans bouée
Bercé par la mère Égée , je dors

Pardonnez moi pour tous ces torts
Mon petit bateau a chaviré
Sur vos plages s'est échoué
Gâchant vos paradisiaques décors

Je suis seul responsable de ce sort
Par vos châteaux de sable attiré
Mais mes larmes les ont noyés
Bien avant que je n'arrive à bon port

N'ayez ni amers regrets ni remords
Nul ne pourra vous condamner
Pour le doux sommeil d'un bébé
Quand votre propre coeur est mort .

RiP Aylan El Kourdi .

Posté par Nedjma à 00:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 octobre 2013

Tartufferie occidentale

 

Un article dans le quotidien El watan du 12.10.2013
Ce qu'il écrit là est aussi valable pour l'Allemagne quand des âmes bien-pensantes et bienveillantes veulent tout analyser selon leurs critères.

Tartufferie occidentale

La chronique de Maurice Tarik Maschino

Il y a quelques années, le maire d’un petit village du Québec – 300 habitants, aucun étranger – promulga un arrêté interdisant la lapidation des femmes. Un journaliste s’étonna : il n’y avait dans ce village aucun musulman, et s’il y en avait eu un, pourquoi le suspecter a priori de maltraiter sa femme ? «J’aime la manière dont nous vivons ici, se contenta de répondre le maire, et je ne veux pas qu’elle change.» Délire d’un paranoïaque ? Nullement. Ou alors, du Canada aux Etats-Unis, de la Norvège au Danemark, de la Belgique à la France, des pays d’Europe à tous ceux où «les Blancs» font la loi, ils sont tous paranoïaques, tous atteints par cette «hystérie galopante» qui les saisit dès qu’ils ont affaire à des musulmans. C’est ce que montre dans un brillant essai, La chasse aux Musulmans,(1) Sherene H. Razack, une sociologue canadienne, professeur à l’université de Toronto.

Le «dangereux» musulman, la musulmane «en péril» et l’Européen
«civilisé» : trois figures emblématiques que les Occidentaux mettent en scène pour illustrer la fable qu’ils se sont inventée — celle d’une grande famille de nations chrétiennes obligées d’utiliser la force pour se protéger de la «menace» que représentent les musulmans. Si cet essai rappelle les innombrables mesures de répression qu’ils subissent de la part des Occidentaux — surveillance permanente, arrestations arbitraires, torture, assignation à résidence dans des camps, emprisonnement, discriminations à l’emploi…— son mérite est ailleurs : dans l’analyse des causes d’un pareil traitement et des avantages que les Occidentaux en retirent.

La «justification» qu’ils donnent de leur conduite à l’égard des musulmans réside dans la nature qu’ils leur prêtent. D’où le terme de «pensée raciale», que l’auteure utilise pour qualifier leur attitude et qu’elle estime plus riche que le terme de racisme. La «pensée raciale» englobe, en effet, toutes les caractéristiques — immuables — qu’elle prête  aux musulmans : des êtres par nature fanatiques, irrationnels, violents et misogynes. D’où la nécessité de les soumettre à des contrôles permanents : étrangers à la modernité, hostiles à ses valeurs, mariant leurs filles de force, voilant leur femme, ils sont dangereux.

Répliquer aux Occidentaux que ce jugement est un jugement de haine, que cette «nature» qu’ils prêtent aux musulmans est un fantasme ne servirait évidemment à rien. Car la «pensée raciale» présente, pour ceux qui la propagent, de nombreux bénéfices : en accablant les musulmans, elle purifie les Occidentaux de leurs tares ; en noircissant les uns, elle blanchit les autres ; en traitant les uns de primitifs», elle permet aux autres de se croire civilisés. Sherene Razak retourne le portrait, ou le met à l’endroit, et nous invite à voir, dans la description que les Occidentaux font des musulmans, leur propre image. Prétendre que les musulmans sont des êtres frustes, qu’ils maltraitent les femmes, jouent du couteau..., c’est une façon d’exorciser leur collectivité de caractéristiques qui y sont largement présentes.

Affirmer que les musulmans sont misogynes permet de s’aveugler sur la misogynie de sa propre société ; les soupçonner d’être des violeurs potentiels, c’est oublier que dans son propre pays les viols n’ont rien d’exceptionnel, qu’en France par exemple on en décompte 108 quotidiennement et que tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son mari.(2) Faire de la violence un trait «naturel» des musulmans, c’est ne pas voir les multiples violences que les «civilisés» leur font subir — violence d’une école qui en majorité les rejette, violence du chômage et des logements misérables, violence de salaires au rabais, violence des frontières qui se ferment.

Plaindre ces musulmanes obligées de se voiler permet à une Occidentale de se croire «moderne», «civilisée», même si le soir, en rentrant, son mari l’injurie ou la gifle parce que le repas n’est pas prêt. Déplorer que tant d’adolescentes musulmanes soient interdites de sortie évite de s’interroger sur le laxisme dont on fait preuve à l’égard de ses filles et s’indigner de la présence, au pied de son immeuble, de jeunes beurs vendeurs de drogue, permet de ne pas remarquer la démarche incertaine de son fils au retour d’une soirée.

Faut-il souligner, enfin, que même la défense d’une laïcité pure et dure évite à bien des Occidentaux de constater à quel point, dans leur pays, cette laïcité est problématique ou en danger : contestation par les églises de la légalisation de l’avortement et du mariage pour tous, agressions contre les cliniques qui ne tiennent pas compte des «avertissements» des intégristes catholiques, survivance du Concordat napoléonien dans deux départements français, l’Alsace-Moselle, où l’Eglise gère les écoles à égalité avec le pouvoir civil, qui prend à sa charge le salaire des prêtres, des pasteurs et des rabbins. Laïcité, égalité des hommes et des femmes, respect de la personne humaine, liberté individuelle : il n’est pas une seule de ces valeurs proclamées que l’Occident ne détourne de sa fin et l’utilise comme arme de guerre contre les musulmans, leur ôtant à toutes, par-là même, leur signification humaniste et les érigeant en moyens sordides au service de sa tartufferie habituelle.
                          

Maurice Tarik Maschino

Posté par Nedjma à 12:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]