13 octobre 2009
Mon Manar
Ca fait bien longtemps que je ne vous en ai plus parlé, de mon rêve... il est peut-être en train de devenir réalité? Peut-être... oui... le 1er Septembre, le MANAR a fêté son 2ème anniversaire... mais il l'a fêté seul... j'en ai parlé et j'y ai pensé pendant des mois et des semaines, et le 1er septembre, je l'avais oublié, et je ne m'en suis rappelé que quelques semaines plus tard... mais ce n'est pas tout à fait de ma faute... j'avais tellement de travail pendant les vacances, et à peine les vacances finies, j'ai recommencé à travailler... vous vous demandez comment ca peut se faire... du travail pendant les vacances et reprendre le travail après... ben oui... je suis prof et libraire... libraire et prof... donc: les vacances d'été ont commencé le 10 juillet et se sont terminées le 23 août.... et pendant ces 6 semaines, j'ai commandé, vendu, couvert des livres scolaires sans arrêt... c'était super... j'ai eu le double de clients par rapport à l'année dernière... ma petite librairie commence à être connue... faut dire que je fais plus de pub maintenant, et beaucoup de gens parlent de moi et conseillent à leurs amis de venir chez moi... donc, j'ai travaillé sans pause, d'autant plus que j'étais seule... mon employée a pris son congé pendant les 6 semaines... elle n'a pas eu pitié de moi... et moi, je ne peux pas l'obliger à travailler, vu qu'on s'était entendues seulement pour la période des classes...
Et donc me voilà à la fin des vacances en train de reprendre le chemin des écoliers... heuuu pardon... des lycéens... non... des profs... oui, j'ai eu de la chance, j'ai envoyé une lettre de candidature au proviseur du lycée au bout de la rue où j'habite, et ne voilà-t-il pas qu'il m'a téléphoné pour me demander de passer... et j'ai eu le poste de prof de francais... mon contrat a été prolongé, et j'ai même été payée pendant les vacances, contrairement aux autres années... malheureusement, mon contrat expire le 31 janvier, et il faudra voir s'il sera prolongé ou pas... la collègue que je remplace revient en février après son congé de maternité... maqis bon, il reste encore quelques mois...
On verra...
09 septembre 2009
Que dire... que faire?
| Ne jamais dire jamais ! | |
| Par Hakim Laâlam | |
| Sarkozy au Brésil. Le président français invente un nouveau concept. Après la visite éclair, la visite… … Rafales ! Al Hamdoulillah ! La journaliste soudanaise Loubna Ahmed Al Hussein ne subira pas le supplice du fouet. A la place, la justice soudanaise, dans sa grande et islamiste mansuétude, a «adouci» sa peine en la commuant en emprisonnement. Je rappelle le crime immonde, atroce, innommable, ignominieux commis par cette consœur : elle a osé porter un pantalon en public. Depuis l’incarcération de cette dangereuse délinquante à plume, je regarde plus intensément mes concitoyennes dans la rue. Surtout celles qui portent le pantalon. Combien de temps encore ? Et qu’on ne vienne surtout pas me dire que ça n’arrivera jamais chez nous, que ce genre de vilenie ne peut se dérouler dans un pays comme le nôtre. Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié et à ceux, plus jeunes, qui l’ignoreraient que les femmes kaboulis portaient la mini-jupe avant l’arrivée dudit «modéré» Massoud et des beaucoup moins modérés talibans. Donc combien de temps encore avant les brigades antipantalons dans les rues d’Algérie ? Pour l’heure, et avant qu’elles ne se voient délivrer d’ordre de mission spécifique à la traque des femmes en pantalon, ces brigades des mœurs chassent déjà, en plein air, en plein jour, sans se cacher et sans vergogne les non-jeûneurs. De plus en plus de témoignages me parviennent par mails. Des messages, véritables SOS dans lesquels des couples surpris marchant ensemble dans les allées d’un jardin ou tout simplement discutant sont sévèrement interrogés par des «agents de l’ordre», souvent sermonnés en public, parfois embarqués, toujours traumatisés. Même chose pour les personnes prises «en flagrant délit» de boustifaille, avec là, un encadrement encore plus musclé que pour les couples. Alors oui ! Libre aux doux rêveurs, à ceux qui ont pris l’habitude depuis 1988 de ne se réveiller qu’au cours du dernier quart d’heure de penser que l’interdiction du port du pantalon faite aux femmes soudanaises ne peut pas transhumer jusqu’à chez nous. Le croire, c’est négliger un fait essentiel, fondamental chez les islamistes : il n’y a pas de chez nous qui tienne. Il n’y a que la terre d’Islam à couvrir du même voile. De Khartoum à Kaboul. Et de Peshawar à Alger. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. | |
24 août 2009
Le citron
Hakim Laâlam dans Le Soir d'Algérie
Il a un humour extraordinaire, mais c'est triste... si triste...
| Un petit moment de plaisir dans ce monde de brutes ! | |
| Par Hakim Laâlam | |
| Qu’est-ce qui a changé depuis l’Indépendance ? Nous sommes passés des porteurs de valises aux... ... distributeurs de couffins 250 DA ! Deux cent cinquante dinars le kilogramme. Et le marchand était tout fier de m’annoncer que ce prix-là était à la baisse, vu que deux jours avant ramadan, le citron était encore à 300 DA. Je lui ai gentiment demandé l’autorisation exceptionnelle d’en prendre un dans la main. Il a accepté, tout en me tendant un petit sachet en plastique blanc. Mesure préventive que je comprends parfaitement au demeurant et qui ne m’a nullement vexé. On ne prend pas un citron à 250 DA le kilo comme on prendrait une vulgaire carotte à 80 DA. Et donc, c’est la main enveloppée du sachet que j’ai délicatement soulevé le citron de l’auguste tas de citrons où il reposait. Premier constat. Il ne parle pas. Très honnêtement, à 250 DA, je me serais attendu à ce que ce citron me parlât. Ô ! Pas un grand discours ni une longue allocution. Mais juste un bref salut, en guise de présentation. Parce que moi, même avec la main enveloppée d’un sachet, j’ai tenu à me présenter : «bonjour ! Je suis Hakim et je voulais absolument toucher, caresser et causer un peu avec un citron avant de rentrer à la maison.» Rien ! Le citron n’était visiblement pas pressé de faire ma connaissance. Deuxième déception, en plus de ne pas parler, le citron était tout ridé. Fripé même. M’enfin ! A 250 DA, il aurait pu faire l’effort d’une petite chirurgie plastique, un lifting léger pour se refaire tendre la peau. Même pas ! Tout de même, ces stars et leurs caprices. Malgré le regard quelque peu réprobateur du marchand, j’ai approché mon museau du citron. Pas trop près, je sais ! Je ne suis pas fou au point de risquer de heurter un citron à 250 DA le kilo avec mes narines de manant. Je connais mes limites et mon rang, que diable ! C’est donc à 20 bons centimètres du citron — le cordon sanitaire obligé pour ce genre d’approche — que j’ai posté mon appareil olfactif. Je voulais capter, même de manière furtive, l’odeur nécessairement unique et magique, le parfum forcément divin qui devait se dégager d’un citron à 250 DA le kilo. Et là encore, une bonne grosse déception. Rien ! Ce citron ne sentait pas le citron ! Il y avait plus d’odeur de citron dans les jus de citron industriel que j’achète habituellement en supérette que dans ce citron-là à 250 DA. Quelque peu déçu, mais tout de même heureux d’avoir pu toucher et palpé doucement un citron à 250 DA le kilo, je l’ai reposé dans son écrin, j’ai vivement remercié le marchand et je lui demandé une dernière faveur. Celle de garder le sachet en plastique dans lequel j’avais enveloppé ma main avant de manipuler le citron. Ce genre de souvenirs ne se jette pas ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. | |
16 août 2009
L'islam comme chez moi
C'est ma mère (83 ans) qui m'a conseillé de lire cet article. Et je le mets pour qu'il ne disparaisse pas dans les archives et pour que beaucoup de gens puissent le lire à n'importe quel moment. En le lisant, je me reconnais dans cet islam qu'il décrit, qui est plus une manière de vivre, comme on le vivait dans ma famille, sans contraintes, sans peur, sans obligation... il faisait partie de la vie de tous les jours, on n'avait même pas besoin d'en parler...
Cheikh Khaled Bentounès, chef de la Tarîqa Alawiya
« Lier un habit à la foi, c’est dangereux »
L’événement de cet été, pour votre confrérie, a été la célébration du centenaire de la tarîqa alawiya et le colloque qui l’accompagnait. Etes-vous satisfait, cheikh Bentounès, du déroulement des travaux de ce colloque ? Quel bilan pourriez-vous en esquisser ?
Satisfait, oui, je le suis. C’est un colloque qui a tout de même rassemblé 6500 personnes. C’est un chiffre sûr, on le sait, parce qu’il y avait des badges et des bracelets qui ont été confectionnés à l’intention des participants. On le sait également par le nombre de repas qu’on a servis. Donc, c’est quelque chose qui est avéré. On est arrivés exactement à 6562 participants venus de 38 pays. Ce qu’il y a lieu de retenir, c’est que ce colloque s’est déroulé dans le calme et la sérénité, dans un climat détendu. Les gens qui sont venus ont vu un Islam d’espérance, comme on le souhaitait. Le débat était ouvert, les échanges se sont faits à tous les niveaux, du plus subtil au plus banal. Il y a eu 35 ateliers autour de thèmes dont on ne pouvait même pas imaginer qu’une zaouïa pouvait les aborder. Des thèmes comme « La thérapie de l’âme », par exemple, qui a attiré énormément de monde, ou encore le thème « Management, éthique et tradition », c’est-à-dire comment une voie soufie peut mêler spiritualité et management.
Bien que de haute facture, ce colloque vous a valu quelques attaques malveillantes de la part aussi bien de certaines figures des milieux confrériques que de partis islamistes (El Islah en particulier), du Haut-Conseil islamique (HCI) et des ulémas. Ces critiques ont porté principalement sur deux points : vos déclarations sur le hidjab et les miniatures illustrant votre dernier ouvrage, Soufisme, l’héritage commun. Qu’aimeriez-vous répondre à vos détracteurs ?
J’aimerais leur dire d’abord que la moindre des choses aurait été de lire mon livre avant de l’accabler. Comme le dit l’adage, on ne peut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. C’est aussi l’arbre qui cache la forêt. Ce qu’on ne souhaite pas divulguer, surtout, c’est autre chose que les miniatures. Il y a des photos du patrimoine musulman qui font partie de cette mémoire de l’héritage islamique comme le tombeau de Sayida Khadidja, la mère des croyants, ou la maison du Prophète (Que Le Salut d’Allah soit sur Lui) dans laquelle il a vécu à La Mecque avec Sayida Khadidja, ou encore le lieu où fut conclu le premier serment des gens de Médine envers le Prophète, qui s’appelle Bayâte al Aqaba, ainsi que les tombes des martyrs des batailles de Badr et de Ouhoud qui ont été détruites. Au total, il y a dans cet ouvrage quelque 844 documents.
Par qui ce patrimoine a-t-il été détruit ?
Et pourquoi surtout... Nous assistons à une mainmise sur l’histoire de l’Islam effaçant la mémoire de tout ce qu’il y avait avant. Ces gens qui s’en sont pris à mon livre, ils l’ont condamné, c’est différent. Entre critiquer et condamner, il y a une différence. En s’appuyant sur quoi ? Sur des fetwas de quels oulémas ? Ce sont des oulémas qui préconisent la destruction du tombeau du Prophète lui-même et qui jusqu’à aujourd’hui disent : n’allez pas à Médine. Et on prend ces fetwas-là alors que nous avons nos propres oulémas, nos propres traditions. L’Islam maghrébin est un Islam d’ouverture et de dialogue.
Par exemple, sur cette Une d’El Khabar Hebdo, Mohamed Ben Brika de la tarîqa qadiriya vous prend à partie en disant « Khaled Bentounès a porté atteinte à la personne du Prophète »…
Mais il reconnaît aussi n’avoir pas lu le livre. Au demeurant, il ne représente que lui-même. Les gens sont beaucoup plus nuancés que cela. Et puis, il y a eu un amalgame qui a été fait par certains entre « miniatures » et « caricatures »… Le premier article paru présentait les choses comme cela. Mais les caricatures, c’est quelque chose qui a stigmatisé l’Islam… C’est humoristique, certes, mais c’est aussi une façon de se moquer d’autrui. Mais les miniatures, il suffit d’aller sur internet et de taper « miniatures musulmanes » pour voir surgir des milliers d’œuvres. Dans ce cas-là, il faudrait aussi faire un procès au musée de Topkapi d’Istanbul. A Kaboul, on a détruit des miniatures alors que l’école de Kaboul a été la première école de miniatures dans le monde musulman et que l’Islam a pénétré l’Asie grâce aux miniatures. Où va-t-on comme cela ? C’est l’Islam de ces gens-là qui est une caricature. Moi je ne leur réponds rien, je leur dis merci et je vais me préparer au bûcher parce que vous n’avez encore rien vu…
Vous auriez déclaré que le hidjab n’est pas une obligation religieuse. Pourriez-vous clarifier cette réflexion ?
Moi je suis contre le hidjab qui est dans la tête, pas sur la tête. Enlevez le hidjab, vous êtes en train de lier un habit à la foi, c’est dangereux. Parce que d’abord, le hidjab, chez nous, existait déjà. Il était de l’ordre de la culture locale. En Kabylie, il y avait une façon de le porter ; à Mostaganem, il y avait une autre façon de le mettre ; dans le Sud, c’est carrément l’homme qui le porte, c’est le taguemoust ou le litham. En Iran, c’est le tchador. A Oman, c’est le niqab. Et c’est la m’rama en Tunisie, la djellaba au Maroc, le boubou au Sénégal et en Afrique du Sahel, le sari chez la musulmane indienne. Ces gens-là croient que l’Islam est à leur niveau. Ce qu’ils voient autour d’eux, c’est ça l’Islam, un modèle unique. Qui, parmi les femmes du Prophète, a porté le hidjab que portent nos filles aujourd’hui ? Il faut savoir qu’il y a une historicité du hidjab, il y a un contexte de révélation. Avant tout, éduquez la femme parce que le meilleur des comportements et le meilleur des vêtements, c’est la pudeur, que ce soit pour l’homme ou pour la femme. Je ne vois pas pourquoi on autorise l’homme à porter ce qu’il veut et pas la femme. Il y a un conditionnement par la force. Au lieu de nous occuper des questions fondamentales dans un monde en proie à des crises financière, climatique, alimentaire, à une crise de sens, au lieu de se préparer aux défis de demain, au lieu d’être des sociétés de proposition, nous sommes constamment dans le déni, retranchés derrière des arguments étriqués en jetant la pierre à l’Occident. Jusqu’à quand ? Ce langage ne tient pas la route. Et moi, si je dérange, eh bien, je dérange ! Tant pis ! Mais je continuerai à tenir ce discours, quoique j’aie assez payé pour cela. Mon père est allé en prison à cause de cela.
Pensez-vous que le wahhabisme va continuer à faire des dégâts au sein de notre société ? Comment les zaouïas pourraient-elles contribuer à contrer cette mouvance ?
C’est le travail de toute la société, ce n’est pas l’affaire exclusive des zaouïas. Il faut que notre société prenne conscience de ces enjeux et qu’elle apprenne à être responsable. Les Algériens, moi, je ne les prends pas pour des débiles, des imbéciles ou des mineurs. L’âme algérienne est une âme rebelle. C’est une âme mystique. L’Algérien vous donne tout. Je connais mon peuple, oui, il est perfide, mais c’est parce qu’on a toujours joué avec lui, on n’a jamais été sincère avec lui. Mais quand on est sincère, le peuple vous donne tout ce qu’il possède.
Votre engagement résolu en faveur d’un Islam d’ouverture, conciliant tradition et modernité, vous vaut, nous le disions, de franches inimitiés de la part des milieux conservateurs. Concrètement, comment entendez-vous avoir raison de ces « résistances » ?
Nous sommes obligés de faire un constat : si nous maintenons cette situation où chacun baisse les bras, où chacun se laisse faire, où l’élite intellectuelle, politique, économique de ce pays fait dans le « chacun pour soi », on ne s’en sortira pas. Si ce congrès international (de la tarîqa alawiya) a réussi, c’est parce qu’il était mené avec méthodologie et un travail de fond. C’est parce que nous avions une vision. Accueillir 6500 personnes n’était pas une mince affaire, mais on l’a fait à travers une organisation judicieuse, inspirée de nos traditions. Le Prophète lui-même s’était illustré par sa gestion du temps. Qui se préoccupe aujourd’hui de la gestion du temps dans le monde musulman ? L’islam, c’est la religion de la logique et du bon sens. C’est avant tout une affaire de akhlaq (morale). « J’ai été envoyé pour anoblir les caractères », disait le Prophète. Cela veut dire que, avant moi, il n’y avait pas le vide et qu’il s’agit simplement de parfaire les choses. Le Prophète n’a jamais prétendu faire table rase de la société qoraïchite ni de la société arabe qu’il avait trouvées. Il s’habillait comme les Arabes de son époque, il mangeait comme les Arabes de son époque, il avait même les coutumes et les mœurs de son époque. Mais de ces Arabes est sorti un message extraordinaire qui, en 70 ans, est arrivé jusqu’en Europe. Jusqu’à Poitiers, en France. Et de l’autre côté, jusqu’aux océans Indien et Pacifique. Il n’y avait pas les moyens actuels. Comment neuf personnes ont-elles répandu l’Islam en Indonésie ? C’était des saints soufis. Aujourd’hui, c’est le plus grand Etat musulman du monde avec 225 millions d’âmes. Jamais aucun Sahabi (compagnon du Prophète) n’est allé en Indonésie. Ils sont venus avec la tarîqa qadiriya et,surtout, avec l’amour du prochain. Ils ont simplement dialogué avec les gens jusqu’à les convaincre. De voir dans la grande mosquée de Djakarta qui est la plus grande mosquée du monde avec 10 hectares, qui accueille 125 000 priants et priantes, de voir donc l’imam au milieu, à droite les hommes, à gauche les femmes, sur la même ligne, permettez-moi de vous dire que ça impressionne. On voit que les Indonésiens et les Asiatiques ont compris et que les pays arabes n’ont toujours pas compris et qu’ils parlent encore de ceci et de cela… L’islam a donné des multitudes de Rabia Al Adawiya, des femmes avec une spiritualité extraordinaire. Un jour, on a vu Rabia Al Adawiya courant dans le désert avec un fagot sous le bras et un sceau sur le dos. On lui a dit : « Mais où est-ce que tu vas avec ça ? » Elle a dit : « Je vais avec ce fagot de bois brûler le Paradis, et avec ce sceau d’eau éteindre l’enfer, ceci afin que plus personne n’adore Dieu par crainte ni par désir du Paradis, mais uniquement par amour de Dieu. » Moi je conseille au ministre des Affaires religieuses de rajouter au passeport un petit calepin de pointage pour consigner qui va à la mosquée le vendredi, comme ça au moins, on aurait un petit bonus. Je demanderais pareillement à nos frères saoudiens de consigner combien de fois ils ont fait le hadj et la omra. C’est un investissement, le pèlerinage coûte cher. Au moins, quand on nous enterre, on nous met ça dans la tombe pour le âdab el qabr (le supplice du sépulcre). Quand les anges viendront, on leur montrera le passeport comme quoi j’ai 1200 djoumouâ dans mon pedigree, j’ai tant de hadj... Je sais que pour ce que je dis là, ils vont me dresser un bûcher comme au temps de l’Inquisition (rires)…
Qu’est-ce que c’est qu’être soufi aujourd’hui, en définitive, cheikh Bentounès, au XXIe siècle ?
Moi je pense qu’être soufi au XXIe siècle, c’est être véritablement citoyen du monde. C’est ne se référer ni à la nationalité, ni à la race, ni même à la religion. C’est prêcher cette fraternité adamique. Quand vous prenez un chapelet, le chapelet est fait de grains. Nous ne faisons jamais attention au fait que ces graines sont reliées entre elles par un fil et ce fil, on ne le voit pas. Le soufi, aujourd’hui, doit être le fil de notre société qui unit les différentes gens. Et cela nécessite un travail sur soi. D’abord, mêle-toi de tes affaires au lieu de te mêler des affaires des autres. Et aussi introduire la sacralité dans notre vie. Et la miséricorde car le chemin mohamadien est un chemin de miséricorde.
Que diriez-vous du rapport entre soufisme et politique et de la place du soufi dans la cité, des questions relatives au pouvoir…Le soufi doit-il se mêler de politique ?
La politique fait partie de la société humaine. Le soufi ne doit pas pratiquer la politique politicienne, qui est la politique du mensonge. Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas de lien politique entre nous. Ce sont d’autres liens qui nous unissent, des liens de fraternité. Que vous soyez de ce parti ou de cet autre parti, cela ne regarde que vous.
Vous confirmez que la alawiya est apolitique...
Elle doit l’être. Les zaouïas doivent se conformer à ce principe. Cela n’empêche pas que les soufis sont des citoyens ; ils doivent jouer leur rôle en votant, en décidant, mais pas au nom d’une tarîqa. Même moi, je n’ai pas le droit d’engager la tarîqa. Pourquoi ? Parce que les partis changent. Même le parti communiste qui a occupé la moitié de la Terre a disparu. L’Union soviétique, où est-ce qu’elle est aujourd’hui ? Mais la voie de Dieu, elle, reste. Elle restera éternellement. Les zaouïas sont des espaces de dialogue, des espaces qui doivent être là pour la moussalaha (conciliation). Chacun a le droit d’aller dans une zaouïa, même un athée. C’est chez lui. La zaouïa, c’est la maison de Dieu pour toutes les créatures de Dieu. On ne peut pas dire à quelqu’un qui vient dans une zaouïa « tu n’es pas de mon parti » ou bien « tu n’es pas de ma tarîqa » ou « tu n’es pas de ma religion »... C’est inadmissible !
D’où le titre de votre livre, La Fraternité en héritage…
Eh bien, c’est tout ce que m’a laissé mon père ! Il est mort à 47 ans dans l’humiliation. On l’a mis sous terre dans un cachot de deux mètres carrés, on a confisqué tous les biens de la zaouïa, on a brûlé des centaines de livres, mais al hamdou lillah, cela nous a rendus encore plus forts par le fait même que cela nous a rendus plus proches de ceux qui souffrent. Moi je ne veux régler mes comptes avec personne. Tout ce que je dénonce, c’est la bêtise d’où qu’elle vienne, des juifs, des chrétiens, des Américains, des Chinois, qu’elle vienne de mes propres frères… La bêtise humaine, y’en a marre ! Arrêtons de jouer à ce jeu malsain des intérêts en opposant les uns aux autres par le religieux, par l’affectif, et en surfant sur la sensibilité des gens avec l’émotionnel. Arrêtons cette religiosité théâtrale. Moi je suis pour une éducation d’éveil et de responsabilité. Que ce soit en Occident ou ailleurs, c’est la pensée soufie qui triomphe parce qu’elle est avant-gardiste, qu’on le veuille ou pas. Parce qu’elle prêche la tolérance, parce qu’elle ne porte pas de jugement sur les autres. Elle accepte les gens tels qu’ils sont. La première chose qu’elle nous apprend, c’est d’accepter l’autre tel qu’il est. Parce qu’elle est une créature de Dieu et que Dieu a anobli les fils d’Adam : « Wa lakad karamna bani Adam. » (Et nous avons anobli les enfants d’Adam). Ce n’est pas par la contrainte qu’on convertit les gens, « la ikraha fi dine ». Point de contrainte en religion. Imposer une religion, c’est complètement débile. Ou alors il faut enlever tous ces versets coraniques. On nous parle de l’Etat islamique et on nous dit : « Le Coran c’est le doustour. » (Le Coran est la Constitution). Quel doustour ! La constitution change et évolue par rapport à la société. Comment faire du Coran une Constitution ? C’est quoi cette fable ? Pour anesthésier les gens avec Le Livre de Dieu ? Le Coran est une lumière. Il ne peut pas être le doustour de qui que ce soit. Il n’est l’apanage de personne, ni d’un prince, ni d’un roi, ni d’un président, ni d’un clan, ni d’une école. C’est Le Livre de Dieu.
Que pensez-vous du courant dit « coraniste » qui renie la charia et dont le frère de Hassan El Banna est l’une des figures de proue en Egypte ?
Nous, Ahl al Sunna wal Jamaâ, nous avons un patrimoine inestimable. Moi, quand je lis la charia, je l’interprète comme une voie extraordinaire d’ouverture. Hélas, à partir d’une certaine époque, il y a eu un rétrécissement des esprits dans le monde musulman. Savez-vous qu’il y avait 52 écoles de pensée et de fiqh à Baghdad ? Il n’en reste plus que quatre et bientôt, même ces quatre, elles vont disparaître et il ne restera plus que la doctrine wahhabite. On aura ainsi atteint le sommet de l’abrutissement généralisé. Aujourd’hui, ces gens nient la philosophie alors que la philosophie grecque est passée en Occident grâce aux musulmans. Mais n’oubliez pas que c’est l’Inquisition qui a amené la Renaissance...
| Dates |
|---|
1949 : Naissance de Khaled Adlen Bentounès à Mostaganem.
1962, le 5 juillet : Le jeune Khaled Bentounès est désigné pour hisser le drapeau national le jour de l’indépendance dans sa ville natale. Le jeune garçon reçoit d’abord un enseignement traditionnel dans la zaouïa familiale avant de partir en Europe étudier l’histoire et le droit.
1971 : Son père, El Hadj El Mahdi Bentounès, est assigné à résidence à Jijel après avoir été emprisonné.
1975, le 24 avril : Décès de son père à l’âge de 47 ans. Khaled Bentounès vivait alors en Europe où il était dans le prêt-à-porter. Il délaisse son affaire et devient le 4e guide de la confrérie alawiya après le cheikh Ahmed Benalioua, fondateur de la tarîqa (1869-1934), le cheikh Adda Bentounès, son grand-père (1898-1952), et son père El Mahdi Bentounès (1928-1975).
1989 : Le cheikh Bentounès est reçu au Vatican par le pape Jean-Paul II.
1991 : Il crée l’association des Scouts musulmans de France.
1999 : Il crée l’association Terres d’Europe qui va organiser avec l’Unesco un colloque sur le thème « Pour un Islam de paix ».
2001 : Khaled Bentounès lance un cycle intitulé « Thérapie de l’âme ».
2003 : Il est membre fondateur du Conseil français du culte musulman. Il crée à Mostaganem la fondation Janatu El Arif - Centre méditerranéen pour le développement durable. Parmi ses nombreux ouvrages : Soufisme cœur de l’Islam (La table Ronde, 1996), L’homme intérieur à la lumière du Coran (Albin Michel, 1998). Vient de paraître : La Fraternité en héritage (Albin Michel, 2009) et Soufisme, l’héritage commun (ed. Zaki Bouzid, 2009).
El Watan, 12.08.2009
Il n'y a pas que des machos en Algérie...
La preuve!
| Les déesses du stade ! | |
| Par Hakim Laâlam | |
Les scientifiques sont formels. Le 22, ça sera Ramadan. J’en ...le 21 ou le 23 ! Il faut absolument lui rendre hommage. D’ailleurs, pourquoi utiliser le singulier ? Ils étaient peut-être plusieurs à l’origine de cette idée. Enfin, qu’importe ! Un ou plusieurs. Femmes ou hommes ou les deux à la fois, bravo ! Bravo pour avoir permis que des familles, des femmes, des couples, des enfants se retrouvent dans le temple rénové du 5-Juillet pour y suivre la rencontre amicale de football Algérie-Uruguay. Bien sûr, des amis grincheux, des éternels accrocs à la théorie du complot permanent ont voulu attirer mon attention et m’avertir : «Fais gaffe Hakim, c’est une opération commandée, montée et pas du tout spontanée.» Figurez-vous que je me suis entendu répondre... spontanément à mes grincheux amis : «J’m’en fous un peu que cela ait été organisé !» Opération montée ou pas, j’en ai eu des frissons. De joie émue. De régal pour les yeux et pour le cœur. Ah ! Diable ! Que ça faisait plaisir de les voir ces filles, belles à damner, ces garçons beaux à espérer, ces familles joyeuses à en pleurer d’émotion. Bonté divine, quelle victoire ! Pas celle des footballeurs, laquelle fut certes belle aussi, laborieuse et belle, mais celle de ces enfants et familles d’Algérie, sexes confondus ayant envahi les tribunes du stade. De ces victoires qui n’ont pas de prix. Peut-être ne mesurons-nous pas encore pleinement ce que cela signifie. Au-delà des suspicions de «montage», des filles, des femmes étaient au stade, ce stade construit dans un pays où un temps, le projet était de cloîtrer les filles et les femmes dans leurs cuisines et dans leurs lits. Ce stade d’où des apprentis sorciers ont fait joujou avec des lasers, avant de passer à un jeu grandeur nature, grandeur mortelle, celui du massacre collectif. Je sais que dans les maquis, dans certaines mosquées, au milieu de certaines halaqates, les images de ces «filles du stade» ont fait mal, très mal. Comme ce tisonnier qui brûle et perfore au plus profond. Je sais que dans leurs pensées obscures, dans l’entrelacs de leurs barbes lianes, au coin du feu de leur prochain raid ou faux barrage, le film de ces «familles du stade» leur a fait avaler de travers la gorgée de musc et prononcé d’encore plus de travers le dernier message du candidat à l’attentat kamikaze. Les femmes, les garçons et les familles du stade étaient beaux, sacrément beaux. De cette beauté ravageuse qui, le lendemain, fige sur les visages des barbus un rictus de haine et de défaite amère. Rien que pour ça, merci aux déesses du stade et à ceux et celles qui leur ont ouvert les portes de cet Olympe. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. Le Soir d'Algérie, 16.08.2009 | |
Le nouveau weekend et la prière
Qu'est-ce qui va être plus fort? L'appât du gain ou l'appât de l'au-delà? Je vais me le faire ! | |
Par Hakim Laâlam | |
Malgré l’actualité chargée, je rappelle à tout hasard, pour Le moudjahid et Patriote Mohamed Gharbi Allez ! Encore un petit effort. Oui ! Oui ! Je sais ! Tous ces vendredis passés à flemmarder au lit, à déambuler nonchalamment au souk, à musarder entre la cuisine, le café dehors et le lavage astiquage de la voiture, ce n’est pas facile à gommer d’un trait. Mais on s’y fait. Pensez à vous faire plaisir pour ce premier vendredi. Moi, je ne manquerais cette occasion pour rien au monde. Il faut dire que légèrement dépravé, un brin chtarbé sur les bords, j’ai des plaisirs assez bizarres. Que je m’en vais satisfaire dès ce midi. Une sorte de vengeance froide. De ces actes que l’on a gardés depuis des lustres cachés, enfouis en soi. Et que l’on fantasmait littéralement de réaliser, de commettre un jour. Et ce jour est enfin arrivé, alléluia ! Je sais que je le trouverais au carrefour habituel. Ce carrefour qu’il ne quitte jamais et d’où il m’a fait subir les pires humiliations. Assis tous les vendredis devant son échoppe faite de bois et de plaques de zinc mal jointes, un rideau de tôle froissée et rouillée à demi baissé sur son «commerce», il avait toujours le même sourire carnassier, la même dégaine goguenarde et le rictus mauvais lorsque s’il me voyait débouler devant lui, pour compléter en catastrophe mes achats avant la grande prière et la transformation de la cité en ville fantôme : «Ma n’biîch khouya ! Je ne vends pas ! C’est l’heure de la prière !» Ah ! ce regard, combien il m’a traumatisé. J’avais l’impression d’être le canard boiteux du quartier, l’incorrigible cancre impie qui ne comprenait toujours pas qu’un bon musulman ne fait pas commerce à l’heure de la grande prière. Dépité, furieux et incapable d’expliquer calmement à ce gugusse l’incongruité de cette pratique, je repartais à chaque fois la queue entre les jambes, le panier vide et la fureur impuissante. Aujourd’hui, c’est mon heure. Je vais me le faire, mon commerçant ! Parce que vu le nombre d’administrations, d’entreprises, d’usines et de sociétés ouvertes et en activité ce vendredi, vu le nombre d’Algériennes et d’Algériens au travail ce jour et qui voudront se restaurer à la mi-journée, ça m’étonnerait que mon tyrano de commerçant ne vende pas à l’heure de la prière. Mumm ! A nous deux, mon coco ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue. Le Soir d'Algérie, 14.08.2009 | |
26 juin 2009
Chawki Amari: Le journal d'une Suédoise en Algérie
Je l'ai découverte par hasard, cette nouvelle chronique de Chawki Amar, dans le journal - Tout sur l'Algérie, quotidien électronique. Les étés passés, il avait un feuilleton dans El watan, d'abord, il y a 2 ans, Le voyage de Nouredine et Noura, puis l'année dernière l'épopée du couple de harraga qui a essayé par tous les moyens de quitter l'Algérie. Je me demandais ce qu'il allait nous concocter cet été... en lisant "Point zéro", sa chronique journalière du journal El watan, je pensais qu'il n'était plus en mesure de rire et de nous faire sourire avec son humour sarcastique. Je me suis dit "ça y est, c'est fini, il a été anéanti par les problèmes en Algérie", mais quelle n'a pas été ma surprise en découvrant le journal Le journal d’Ann Sjoberg, une Suédoise de passage à Alger... Vous imaginez un peu, Chawki Amari qui va au cybercafé et trouve ce journal oublié par la jeune Suédoise, dans lequel elle raconte ses aventures et mésaventures, ses étonnements face au peuple et à la mentalité algériens. Là j'ai retrouvé son humour caustique, sa capacité de nous faire rire ou sourire en décrivant les travers du peuple algérien, il a fait à travers ce journal un portrait plein d'humour et d'amour de l'Algérie. En le lisant, on a l'impression d'y être, de sentir la canicule, de manquer d'eau, on voit les gens vivre, on les entend parler et chanter, et surtout, on est attendri(e) par la naïveté de la pauvre Ann qui a du mal à comprendre. Seulement, elle commence peu à peu à prendre goût à ce pays, et je ne serai pas étonnée si elle décidait de ne plus retourner en Suède... qui parie?
Ben oui, dans le dernier épisode, elle semble être tombée amoureuse du vulcanisateur... vulcanisateur... un métier qui n'existe pas en Suède...
Le prunier de Bertolt Brecht
Voilà le poème original, en allemand, de Bertolt Brecht. Un poème très court. Je l'aime beaucoup.Chaue fois que je le lis, j'imagine - et je vois - ce petit prunier frileux et malingre.
Der Pflaumenbaum
Im Hofe steht ein Pflaumenbaum,
Der ist so klein, man glaubt es kaum.
Er hat ein Gitter drum,
So tritt ihn keiner um.
Der Kleine kann nicht größer wer'n,
Ja - größer wer'n, das möcht' er gern!
's ist keine Red davon:
Er hat zu wenig Sonn'.
Dem Pflaumenbaum, man glaubt ihm kaum,
Weil er nie eine Pflaume hat.
Doch er ist ein Pflaumenbaum:
Man kennt es an dem Blatt
_____________________________________________________________________________________________________
Je l'ai traduit en français, j'espère que ma traduction n'est pas trop mauvaise. Mais je n'en ai pas trouvé une correcte, alors vous vous contenterez de la mienne.
Le prunier
Dans la cour, il y a un prunier
Il est si petit, qui le croirait
d’une grille entouré,
Ainsi il est protégé
Ce petit aimerait bien grandir
Oui... grandir, c’est son souhait
Mais il n’en est pas question :
le soleil ne le chauffe pas de ses rayons
Un prunier, qui le croirait,
il n’a jamais porté une seule prune
Et pourtant c’est un prunier :
C’est à ses feuilles qu’on le reconnaît
11 juin 2009
Demain, dès l'aube...
J'ai appris ce poème quand j'étais à l'école primaire, je ne sais plus en quelle classe, mais il m'avait vraiment touchée, d'autant plus que la maîtresse nous avait raconté que Victor Hugo l'avait écrit après la mort de sa fille Léopoldine qu'il aimait beaucoup et qui lui lui manquait.
Pour une petite fille, c'était très impressionnant.
Et puis, il y a quelques années, une de mes amies a perdu sa petite fille, et j'ai tout de suite pensé à ce poème de Victor Hugo.
En décembre, ma cousine est aussi partie, et ma tante est inconsolable. Donc, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce poème.
Mais je trouve qu'il n'est pas seulement triste, il n'exprime pas seulement le deuil, mais aussi et surtout de l'amour. Et c'est ce qui fait sa beauté..

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur
Les Contemplations, 1847
19 avril 2009
Sakura michi: Mon mec est un coureur
Vous vous êtes sûrement demandé pourquoi je vous parle d'une course de 250 km qui a lieu au mois d'avril au Japon quand les cerisiers sont en fleurs... Vous croyez que je suis une grande sportive? Une championne qui court des centaines de kilomètres? Eh ben non, vous vous trompez... je suis plutôt le genre à passer mon temps avec un livre...
Mais j'ai plusieurs raisons: et d'une, j'aime le printemps, et j'aime le Japon... je suis fascinée par la culture et les paysages... et puis, les Mangas... je ne les lis pas, mais j'ai appris à les aimer grâce à mes garçons et à tous les ados qui viennent en chercher au MANAR... et de deux, j'aime les arbres en fleurs... et de trois, j'adore la couleur des fleurs de cerisiers... et de quatre... et c'est pour ça que je vous parle de cette course... mon mec y participe... pour la deuxième fois déjà... et je viens de voir les résultats sur le site... il a réussi... il est arrivé... et je suis fière de lui...
Est-ce lui, là?
J'ai trouvé cette photo sur le site en cherchant les résultats






